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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 18:46

 

C'est ce que j'ai fait le lundi 28 novembre 2016. Ce jour-là, j'avais prévu de faire une dédicace de mon dernier livre « Troufion » au Super U de Villaines la Juhel.

Il y a un an, j'avais fait la même démarche pour le précédent livre, « Le candidat au certif ». Ce roman, qui se passe pendant l'année scolaire 1956-1957 dans une classe unique située dans le canton de Villaines, a rencontré un vif succès auprès des Villainaises et des Villainais. J'avais annoncé à la fin du livre qu'il comportait une suite racontant les aventures de mon personnage confronté aux joies... du service militaire. C'est le sujet de « Troufion ».

C'est pourquoi ils étaient présents pour ma récente dédicace, car, disaient-ils, « nous voulons connaître la suite ! »... A peine étais-je arrivé, n'ayant même pas eu le temps d'installer mes livres, que je dus en dédicacer un, debout devant la table... mais avec un grand plaisir.

Les lecteurs se succédaient et l'un d'eux me tint le langage suivant, qui m'étonna grandement.

-Avec des copains, nous avons cherché quelle commune du canton se cache derrière celle que vous avez appelé St Rémy sur Vergogne dans votre roman ! Et nous croyons avoir trouvé !

Vous pensez bien que je fus très étonné car j'avais donné ce nom au hasard, en prenant bien soin qu'aucune commune ne porte le même. Mon interlocuteur continua donc :

-Ce ne serait pas... Chattemoue par hasard ?... Ou alors... Villepail...

Il fut un peu déçu de ma réponse : non, ce n'était ni Chattemoue ni Villepail ! Je lui expliquai qu'aucune commune se cachait derrière mon nom d'emprunt.

Je trouvais la chose étonnante : des gens avaient disserté pour chercher quelque chose qui n'existait pas. Mais cela prouve qu'ils avaient apprécié le livre, et ils me l'ont d'ailleurs dit. Et ce n'était pas fini...

Un peu plus tard, se présenta un autre lecteur qui m'annonça tout de go :

-Je sais quelle école vous avez décrite dans votre livre. C'est l'école de Courtoux !

Je dus le détromper également. J'appris que l'école de Courtoux se trouvait sur une hauteur et qu'elle avait fermé depuis belle lurette. Mais dans les années 1950, elle fonctionnait.

Non, St Rémy sur Vergogne n'existe pas, disons-le tout net. J'ai choisi une commune fictive pour ne pas que les gens cherchent qui était instituteur dans les années dont je parle. Ce n'aurait pas été le bon. Cela ne les a pas empêchés de chercher !

Cela montre l'intérêt qu'ils ont pris à le lire. Aussi, si vous ne l'avez pas encore fait, allez dans votre librairie préférée et demandez « Le candidat au certif » ainsi que sa suite « Troufion », en précisant qu'ils ont été écrits par Gérard Nédellec et édités par les éditions Marivole.

Qu'on se le dise !

Allez, à plus !

Et pour que vous vous fassiez une idée de ce qu'est une dédicace, voici une photo qui me montre en pleine action... je veux dire... en dédicace. Cette fois, j'étais à la librairie France Loisirs de Laval.

 

 

 

Quand je vais à la rencontre de mes lecteurs...
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24 novembre 2016 4 24 /11 /novembre /2016 10:21

 

Je vous ai dit que mon dernier livre "Troufion"  était paru en septembre dernier. Voici un chapitre qui vous donnera une idée des souffrances que devaient endurer les pauvres troufions il y a... un certain nombre d'années... Cela vous permettra de connaître ce qui attendait les malheureux qui partaient "en fausse perm'..." c'est à dire sans titre de permission.

                                               * * * * * * * * * * *

La routine de l'infirmerie était heureusement coupée par des permissions plus fréquentes. En effet, personne ne venait jamais contrôler le personnel infirmier et le camp était ouvert à tous les vents... Les week-end où il n'était pas de garde, Bernard pouvait s'absenter du vendredi en fin d'après-midi jusqu'au au dimanche soir. Il n'était pas nécessaire d'avoir un titre de permission, l'essentiel était de ne pas se faire prendre en route. C'était peu probable car à part les abords immédiats du camp et les gares, où la patrouille veillait, on ne risquait pas de se faire arrêter par les gendarmes. Nous avons vu comment ils se comportaient envers les bidasses, car c'étaient de braves gens dont la mission ne consistait pas à pourchasser les pauvres troufions...

La patrouille en revanche avait cette mission... Elle était constituée de quatre soldats commandés par un sergent ou un caporal-chef. On la trouvait de préférence dans des endroits où les soldats en permission étaient nombreux, les gares principalement. Là, il valait mieux être en règle.

Mais Bernard oubliait superbement les gares puisqu'il se livrait à son sport favori : le stop. Il avait calculé qu'en se postant sur la route de Fougères, au lieu-dit La Lande aux Oiseaux, il pouvait rejoindre Mayenne en passant par Fougères et Ernée. Une distance d'environ 70 km de grandes routes ; avec un peu de chance il pouvait être à Mayenne en une heure ou un peu plus. Là, Thérèse viendrait le chercher. Ils auraient ainsi deux bonnes journées ensemble et le dimanche elle le reconduirait à Mayenne.

C'est ce qu'ils décidèrent de faire le week-end suivant. Nous étions alors début août. Ils passèrent deux jours merveilleux. Bernard retrouvait sa chambre chez la famille Bruneau, ravie de le revoir.

-Tu vois ? fit-il à Thérèse, nous pouvons nous voir presque toutes les semaines, sauf le week-end où je suis de garde. Il faut toujours un infirmier sur place. Comme nous sommes trois, calcule toi-même...

-Mais... répondit Thérèse méfiante, personne ne s'aperçoit de ton absence ?

-Mais non, nous ne sommes plus en période des classes, c'est à dire de l'apprentissage de la vie militaire, où nous sommes étroitement surveillés. Maintenant je suis totalement libre, à moi de ne pas me faire pincer !...

-Mais alors, nous nous verrons souvent !

-Oui, et profitons-en car il est question qu'on nous envoie en Algérie. Là, ce serait un peu plus loin !

Allez, n'y pense plus ! Comme disait Horace : « Carpe diem ! », ce que Ronsard a traduit joliment par « cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie... »

-Te voilà poète maintenant...

-Oui, mais tu auras remarqué que je cite les autres !

Le dimanche soir, après que Thérèse l'eut ramené à Mayenne, il reprit la route le pouce levé. Les automobilistes s'arrêtaient généralement pour des militaires. Comme la dernière voiture dans laquelle il monta s'arrêtait à Saint-Aubin-du-Cormier, il descendit. Il allait prendre la route du camp, lorsque des flonflons se firent entendre. Il s'approcha et découvrit qu'il y avait un bal. Pourquoi ne pas y faire un tour ?

Il n'était pas spécialement un fanatique des bals mais dans le cas présent il voulait retarder son arrivée au camp. Au bout d'une heure dans cette atmosphère enfumée, il sortit prendre l'air. A peine avait-il fait quelques pas qu'un caporal-chef sortit de l'ombre : la patrouille !... Il reconnaissait cet homme de troupe gradé : le caporal-chef Merlau. Il était réputé pour être sans pitié... Il voulut s'éloigner comme si de rien n'était lorsqu'une voix cria dans son dos :

-Hep là bas ! Viens par ici !

Bernard s'approcha, les jambes flageolantes.

-Tu as une permission ?

-Bien entendu ! Répondit-il d'une voix qui se voulait assurée.

-Bien...

Bernard reprit sa marche quand la voix cria :

-Hé ! Ta permission... ce serait préférable que tu me la montres !

Bernard fit demi tour. Dans sa tête, les idées s'entrechoquaient. Comment allait-il pouvoir se sortir de ce mauvais pas ? Avec un tel cabot-chef, pas question de complaisance ! Il se mit à faire semblant de chercher dans ses poches.

-Avoue plutôt que tu n'en as pas ! Fit l'homme d'une voix où perçait une certaine jubilation.

-Mais si je l'ai... mais je ne la retrouve plus...

-Eh bien mon ami, c'est comme si tu ne l'avais pas ! Allez, en route ! On rentre au camp !

Les quatre troufions encadrèrent Bernard et les six hommes prirent la route du camp d'un bon pas. Tout en marchant, Bernard faisait fonctionner sa boîte à réflexion...

-Voyons, pensait-il, si je ne trouve pas un stratagème avant d'arriver, c'est le petit château qui m'attend ! Et ça, je voudrais bien l'éviter...

Cette expression imaginée désignait la prison... Il aurait préféré rejoindre l'infirmerie... Mais pour cela, il faut être malade...

Malade !... Mais oui, la voilà, l'idée ! Il devait être malade en arrivant ! Les hommes marchaient assez rapidement et Bernard était un peu essoufflé. Il accentua cet essoufflement, respirant bruyamment tout en portant ostensiblement ses mains à sa poitrine. Le cabot-chef, intraitable mais néanmoins désireux d'amener son monde à bon port en bonne santé, s'inquiéta.

-Ça ne vas pas ? Fit-il légèrement inquiet.

-Non, fit Bernard d'une voix mourante. Je me sens oppressé. Ma poitrine me serre. Je suis souvent sujet à de tels phénomènes lorsque je suis stressé...

-Et alors, que t'arrive-t-il ?
-Cela finit bien souvent à l'hôpital si l'on ne me soigne pas avant ! Et ça, pour toi, ce ne serait pas très bon...

-Que faut-il faire ? Fit l'homme de plus en plus inquiet.

-Conduis-moi à l'infirmerie. Là, ils sauront me donner le médicament qui convient et demain il n'y paraîtra plus. Sinon, je crains pour ma vie...

Bernard en rajoutait beaucoup mais il sentait que le cabot-chef était à point... Arrivée au camp, la patrouille déposa Bernard à l'infirmerie où Gilbert Gabert, qui était de garde, prit en charge le « malade » qui se trouva nettement mieux.

Ouf ! Il l'avait échappé belle !

-On verra ça demain quand tu seras remis ! Lança Merlau qui voulait avoir le dernier mot.

Effectivement le lendemain de bonne heure, il se présenta à l'infirmerie. Mais l'infirmier de service lui dit que Bernard était souffrant et attendait la visite du médecin. Il l'attendait mais pas pour cette raison. Dès que le médecin aspirant Burel se présenta, Bernard lui expliqua la chose.

-Tu me mets dans une drôle de situation ! Lui fit le docteur. Je dois te donner une permission... rétrospective, ou tu vas au gnouf ! Comme je veux te garder, je n'ai pas le choix... Mais méfie-toi à l'avenir : ce Merlau est redoutable !

Le « redoutable » Merlau avait déjà fait son rapport au capitaine Le Morellec qui commandait la CCS (Compagnie de Commandements et des Services). Bernard n'allait pas s'en sortir ainsi... Il dut se présenter devant le capitaine, un brave homme que Bernard connaissait un peu.

-Mon capitaine, lui dit-il, je ne sais pas ce qui m'a pris : la panique certainement car je l'avais cette permission, la voici ! Impossible de mettre la main dessus dans ma poche où elle se trouvait. Cela m'arrive parfois quand je suis stressé...

-Cela m'étonnait aussi de vous que vous soyez parti sans permission... laissa tomber le capitaine en prenant connaissance de la « vraie-fausse » perm '…

Cette remarque du capitaine fit mal à Bernard : il avait trompé la confiance d'un brave homme... Bah ! A la guerre comme à la guerre ! Il avait le cœur encore trop tendre, il lui fallait s'endurcir encore un peu...

Merlau, mécontent de s'être fait avoir, vint roder devant l'infirmerie et dit à Bernard d''un air mauvais :

-La prochaine fois, tu ne m'échapperas pas !

-Et toi, ne t'avise pas de tomber malade : nous te soignerions « aux petits oignons » !

L'affaire en resta là et Bernard fut encore plus vigilant, évitant soigneusement les bals populaires...

 

Voilà... et si vous voulez en savoir plus, vous trouverez "Troufion" dans toutes les bonnes librairies... De plus, je serai au magasin U de Villaines la Juhel (53) le lundi 28 novembre de 10 à 19 h.

Je serai également à la librairie France Loisirs d'Angers le samedi 3 décembre de 14 à 18 h.

Pour une dédicace bien entendu ! ! !  Et si vous venez me rencontrer et que vous êtes lecteurs de mon blog, dites-le moi !

 

Allez, à plus !

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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 16:30

Mon second roman (et quinzième ouvrage...) doit paraître à la fin de ce mois.

Son titre : Troufion... Il s'agit de la suite du premier roman "Le candidat au certif' ". Après l'année scolaire 1956-1957, mon personnage, le jeune instituteur Bernard Kerlien, est appelé pour effectuer son service militaire.

Ce nouveau livre raconte les 28 mois qu'il passa sous les drapeaux comme on dit..., en France d'abord puis en Algérie.

Voici la 4è de couv'...

Début janvier 1958, Bernard Kerlien est appelé pour effectuer son service militaire : une année en France près de Rennes puis le reste en Algérie, au 1er RIM à Trézel, dans le sud Oranais.

Vivez la vie pleine de rebondissements des jeunes gens qui effectuaient 28 mois de service militaire il y a une soixantaine d'années. Participez à leurs aventures palpitantes, leur quotidien ponctué d'épisodes le plus souvent amusants mais aussi parfois dramatiques. Plongez-vous dans la vie d'une caserne ou d'un camp militaire avec ses contraintes mais aussi ses joies, notamment les permissions données au compte-gouttes et qu'il fallait mériter...

Suivez pas à pas la vie des jeunes appelés, en France puis en Algérie, avec ses moments de franche rigolade et ses périodes plus mélancoliques, voire parfois douloureuses. La guerre n'est pas loin, le danger est toujours présent. Mais l'insouciance de la jeunesse, la franche camaraderie et la quille en ligne de mire... permettent de garder le moral.

Faites un bond dans le passé à la recherche, peut-être, de vos souvenirs. Ceux qui n'ont pas connu le service militaire sauront à quoi ils ont échappé... ou ce qu'il leur manquera à jamais...

Une cure de bonne humeur au milieu d'une époque dramatique de notre Histoire. Une leçon de vie.

Un livre à ne pas manquer !

 

Parution du livre : le 28 septembre prochain, éditions Marivole, collection Années 60.

 

Pour vous donner un aperçu, voici la couverture du livre.

 

Allez, à plus !

 

Troufion !
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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 16:29

Dans les veillées autrefois, lors des longues soirées d’hiver, devant un feu dans lequel on avait jeté une bourrée, la famille et les voisins se réunissaient pour écouter des histoires. Les histoires de fantômes et revenants étaient très prisées. Les jeunes enfants se cachaient sous les jupes de leur mère et l’auditoire frissonnait. Car il s’agissait d’histoires à vous faire dresser les cheveux sur la tête… En voulez-vous un exemple ? Vous l’aurez voulu !

Il y a très très longtemps, dans le pays de Bray, dans un château fort qui dominait l’Epte, vivait un puissant seigneur. Il était redouté de tous car dur avec les autres, comme il l’était avec lui-même. Il avait une fille, Alix, dont la beauté était grande. Les jeunes seigneurs des alentours voulaient tous l’avoir comme épouse. Son cœur avait choisi un beau voisin, Robert de Tierceville. Mais allez savoir pourquoi, les pères n’ont que rarement les mêmes opinions que leurs enfants… Le père avait donc choisi un autre prétendant, le sire de Bezancourt. Il ne voulait pas d’autre gendre que lui…

La fille essaya bien de résister au désir de son père, en vain. Une fille doit obéir en tout à son père ! De désespoir, Alix faillit mourir de chagrin. Robert de Tierceville ne fit pas que faillir : il trépassa de douleur en se rendant compte qu’il n’aurait jamais Alix. On l’enterra comme son rang l’exigeait et on n’y pensa plus.

On n’y pensa plus ? On aurait certes voulu ne plus y penser. Mais voilà : on l’aperçu de nombreuses fois, errant seul dans la forêt, comme une âme en peine – ce qui ici prend tout son sens – murmurant à voix à peine audible le doux nom d’Alix. Même certains affirmèrent avoir vu son âme voleter dans la forêt sous la forme d’une flamme bleue.

Alix résista longtemps mais un jour, lasse et résignée, elle accepta comme mari le sire de Bezancourt. La cérémonie de mariage se déroula d’abord avec tout le faste voulu comme il sied à la fille d’un puissant seigneur.

Alors que la noce, mariés en tête, allait pénétrer dans l’église pour la cérémonie religieuse, un fantôme apparut enveloppé d’un linceul. Il fit un geste, saisit Alix par le bras et se dirigea vers le cimetière, suivi par toute l’assistance comme si elle était ensorcelée. Resté seul au bas des marches de l’autel, le prêtre criait à la diablerie mais était incapable de bouger.

Arrivé devant une tombe ouverte, un prêtre inconnu en sortit et bénit les deux ex fiancés. Car le fantôme était celui de Robert de Tierceville. Saisie d’un délire diabolique, toute la noce se mit à danser devant la tombe ouverte. Au bout d’un moment le spectre s’écria d’une voix… sépulcrale :

- « Retirez-vous maintenant tous.

Puis s’adressant à Alix et désignant la tombe :

- Voici notre lit nuptial… »

Alix et Robert entrèrent dans le caveau, se couchèrent. La pierre tombale se referma.

On ne revit plus jamais Alix…

Brrr ! Allez, à plus !

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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 11:58

Un texte que j'ai écrit pour l'almanach du Breton 2003 et qui m'a paru intéressant pour en faire profiter d'autres lecteurs...

Jean Victor Moreau fait partie des jeunes généraux de la Révolution qui avaient leur bâton de maréchal dans leur giberne.

Son père était procureur au bailliage de Morlaix. Il naquit dans cette ville en 1763. Sa jeunesse se déroula à Rennes où il fit des études de droit. Il passa avec succès sa licence tout en se donnant les airs de nonchalance de quelqu’un que les honneurs n’intéressaient pas. En réalité, s’il le cachait bien, il était follement ambitieux. A 25 ans, il devint prévôt des étudiants en droit et prit à ce poste le goût du commandement qu’il ne quittera plus.

En 1790 il franchit le pas et forma une compagnie de canonniers dans la garde nationale de Rennes, dont il devint le capitaine. Un an plus tard, il prit la tête d’un bataillon de volontaires bretons avec le grade de lieutenant-colonel, et partit pour l’armée du Nord. Désormais, son étoile ne cessera de monter, comme celle d’un jeune Corse encore inconnu mais qui fera parler de lui…..Napoléon Bonaparte.

S’il le soutient lors du coup d’Etat du 18 Brumaire, les deux hommes, aussi ambitieux l’un que l’autre, vont peu à peu se jalouser, chacun voyant en l’autre un rival.

En 1800, Moreau remportera sur les Autrichiens la victoire décisive de Hohenlinden. Mais s’il n’a pas trempé directement dans la conspiration de Pichegru et Cadoudal contre Bonaparte, du moins n’a-t-il rien fait pour les en dissuader. Belle occasion pour éloigner un concurrent dangereux.

Le général Moreau est condamné à l’exil en Amérique. Il reviendra en 1813 pour se mettre au service des Russes et sera tué par un boulet français devant Dresde.

Et vous ne voyez toujours pas de statue en vue…..Attendez ! Il fallait que d’abord je plantasse le décor……

A l’époque de ses succès dans l’armée du Nord, le général Moreau aura une liaison avec Ida de Saint-Elme, preuve s’il en fallait, qu’il pouvait mener de front les combats guerriers et les joutes amoureuses.

Sa passion amoureuse (une Saint-Elme ne pouvait que mettre le feu…..aux hommes….) l’amena à commander une statue en marbre de sa belle. Nous y voilà ! La dite belle posa donc pour le sculpteur Lemot qui ne resta pas insensible aux charmes que la jeune personne lui dévoilait si généreusement. On peut sculpter le marbre et ne pas être……de marbre. Et comme pour la jeune personne fidélité rimait avec frivolité, elle fit profiter le brave Lemot qui n’en demandait pas tant de sa grande ouverture d’esprit……en lui montrant que le repos du sculpteur….valait le repos du guerrier.

En revenant de l’armée, Moreau découvrit son infortune : celle qu’il présentait comme sa femme devant ses collègues et les membres du Directoire profitait de son absence pour se conduire d’une façon indigne. (Joséphine en fera autant vis à vis de Bonaparte…..mais cela est une autre histoire)

Il entra dans une grande colère et rompit toutes relations avec la jeune femme trop volage. Il était plus à l’aise face à des adversaires fussent-ils redoutables, que devant une "faible" femme, fût-elle armée de sa seule vertu…….Sage réaction (que n’aura pas son "rival" Bonaparte….)

Et la statue ?……Lemot venait de terminer le modèle grandeur nature en terre cuite et allait acheter le marbre dans lequel la belle serait sculptée pour l’éternité. Mais voilà : Moreau ne voulait plus, et pour cause, de la statue. Après avoir eu l’original dans les bras, Lemot avait la copie sur les bras…….

Que faire ?…….Il voulait pourtant récupérer les fonds dépensés. Une commande avait été passée, il convenait de l’honorer. Mais Moreau ne voulait plus en entendre parler : Lemot ne fut pas payé.

Dégoûté de la tournure des événements, il essaya d’oublier l’encombrante statue en la mettant dans un coin. Un jour qu’il avait la visite de Sophie Gay, dont la fille Delphine Gay, future Madame de Girardin, est plus connue, il lui dit :

-« Emportez-là, je vous la donne, délivrez-moi de cette vendue invendue…. »

Ravie de l’aubaine, Sophie emporta chez elle la statue qui lui plaisait. Mais posséder la statue en terre cuite ne lui suffisait pas. Elle ignorait les raisons qui avaient amené le général Moreau à rompre avec l’infidèle Ida. Elle désirait la statue terminée. Elle décida donc de demander l’aide financière de ses amis pour permettre à l’artiste de fixer dans le marbre son chef-d’œuvre.

Lemot accepta, mais modifia la tête du modèle, prétextant que c’était "la partie faible" de l’œuvre……Effectivement !…….Ida de Saint-Elme déclara d’ailleurs avec une naïveté qui n’excluait pas l’immodestie : « J’ai mieux que cela !…… » On s’en était douté !…….

Et la statue terminée fut exposée au Louvre. Joséphine de Beauharnais, femme Bonaparte, la trouva parfaite pour décorer la galerie de Malmaison qu’elle venait d’acheter. A moins que ce ne soit pour faire un pied de nez à Moreau…..

Ce qui est vrai, c’est qu’en 1801, le général Bonaparte acheta une Bacchante en marbre de François-Frédéric Lemot. La pauvre Ida était donc devenue une Bacchante !…….Grandeur….et décadence !

Beaucoup plus tard, dans ses "Mémoires d’une Contemporaine", Ida de Saint-Elme évoqua à peine ses relations avec le général Moreau. Peut-être était-ce parce qu’il n’avait pas su voir la braise qui couvait sous le marbre ?……

Par contre, elle parla abondamment de ses amours avec le maréchal Ney dont elle fut la maîtresse. Et bien évidemment, pas un mot sur Lemot……et les avatars de la statue commandée par le vainqueur de Hohenlinden……

Le général Moreau aura les deux jambes emportées par un boulet français devant Dresde alors qu’il combattait sa patrie sous uniforme russe. Sur la dernière lettre qu’il enverra à sa femme avant de mourir, il écrira : « Ce coquin de Bonaparte est toujours heureux ! » Toujours Bonaparte…….

Allez, à plus...

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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 19:43

Un extrait d'un de mes livres...

Le jeune Yann Seitek a quitté la ferme paternelle pour courir le monde……

Il marcha tout le jour, se nourrissant des quelques miettes que lui avait données sa mère. Le soir il arriva dans une grande ville qu'il reconnut pour en avoir entendu parler par son père : Kerahès (Carhaix), l'antique Vorgium des Romains, l'ancienne capitale des Osismes, l'une des quatre villes les plus importantes de la région. A la mort du duc Jean III en 1341, elle était passée aux mains du comte de Montfort la même année, puis à celles de Charles de Blois l'année suivante. En 1345, le comte de Northampton la reprit pour Montfort. Elle retomba l'année suivante aux mains de Charles de Blois qui la rendit à Montfort en 1347, après la chute de La Roche-Derrien. Elle était donc présentement Montfort.

Depuis quinze ans, un semblant de paix régnait dans la ville. Les habitants, lassés de ces guerres incessantes, se moquaient bien d'être Blois ou Montfort, puisqu'ils étaient Bretons avant tout, et que ces querelles de familles les intéressaient peu.

Arrivant par Plouguer, Yann était entré dans la ville par la rue Bourre. Passant devant le presbytère, il obliqua sur sa droite par la rue du Pavé qui le conduisit aux Halles puis à la Place des Menues Denrées. Fatigué d'avoir tant marché, il entra dans une taverne afin de se désaltérer. La salle était pleine. Un groupe bruyant d'hommes d'armes parlait fort et buvait sec. En le voyant, l'un d'eux s'écria d'une voix avinée :

-« Voici un jeune damoiseau qui désire certainement porter les couleurs de Montfort !

C'était la première fois que Yann Seitek était confronté directement à la soldatesque.

- Laisse-le donc ! fit un autre ! Tu vois bien qu'il n'est pas d'ici !

Puis, s'adressant à Yann :

- D'où viens-tu mon garçon ?

- De Ploehie ! (Plouyé)

- Oh ! Mais tu viens de loin ! .......... Et que comptes-tu faire ici ? Tu ne sais pas. Evidemment, tu n'as rien prévu. Ecoute-moi : le sire de Quélen qui gouverne la ville pour le comte Jean de Montfort recherche des hommes d'armes pour renforcer sa garnison......... Ne tiens pas compte de la bande d'ivrognes que tu vois ici. Tu me sembles sérieux, le sire a besoin de gens comme toi ! Viens demain matin au château, tu m'y trouveras et je t'aiderai !

Le lendemain dès l'aube, Yann se présenta à la poterne du château. Il reconnut celui qui l'avait renseigné la veille et fut emmené devant le chef des gardes. En peu de mots, son engagement comme homme d'armes au service du seigneur de Quélen fut conclu.

Pendant quelques semaines, il s'entraîna aux différents exercices qui devaient faire de lui un guerrier. Comme il était fort et courageux, il devint très vite un redoutable combattant et ne s'en laissait plus conter par les soudards avinés qui avaient salué son entrée dans la ville.

L'hiver arriva. La neige se mit à tomber à gros flocons, recouvrant tout d'un épais tapis blanc. Yann effectuait de fréquentes rondes avec les autres le long des murailles. Ils sortaient par la porte de Motreff, longeaient le Martray, vaste cimetière placé sous l'invocation de St Trémeur, St Pierre, Ste Catherine et St Augustin. Ils quittaient cet endroit lugubre pour passer devant la porte de Rennes et le faubourg de la Fontaine Blanche, continuaient pour rattraper la rue Neuve et revenaient par la rue Quiniec. Ils étaient contents de rentrer au château afin de se réchauffer devant un grand feu de bois.

Le printemps succéda à l'hiver. Un jour, une troupe nombreuse d'hommes d'armes fut signalée. Dès qu'elle fut à bonne distance, on put reconnaître les étendards à fleurs de lys voisinant avec les hermines. Les troupes de Charles de Blois revenaient à la charge ! Cette fois-ci, elles étaient conduites par Bertrand du Guesclin en personne !

Le siège dura plusieurs semaines. Le mur d'enceinte très épais était capable de résister aux assauts les plus furieux. Les bretèches palissadées qui faisaient saillie sur les tours puissantes ainsi que les mâchicoulis situés au sommet des murailles, permettaient aux défenseurs de laisser tomber sur les assaillants toutes sortes de projectiles ou de matières incendiaires : pierres pesantes, pots pleins de chaux vive, eaux bouillonnantes.

Les échelles que l'on dressa furent repoussées. Yann se battait avec courage, toujours au cœur de l'action. Vingt fois les attaquants se ruèrent. Vingt fois ils furent refoulés. Quelques-uns purent prendre pied sur les embrasures des créneaux. Les coups d'épée frappaient les armures avec un bruit métallique. La lutte était intense. Sous le nombre, ils tombaient percés de coups. Les échelles s'écroulaient lourdement avec leur chargement de combattants qui s'abattaient dans les fossés. La plupart se relevaient pour repartir au combat. Mais quelques-uns restaient au sol. Les catapultes envoyaient des blocs de pierres sur les murailles. Mais elles étaient solides, et les défenseurs avaient installé partout des matelas et du foin pour amortir les chocs. Les combats furent terribles.

Au bout de six longues semaines, les défenseurs de la ville commencèrent à fléchir. Les épées, les haches, les catapultes ou balistes avaient taillé des coupes sombres dans leurs rangs. Une attaque plus impétueuse que les autres permit à un groupe d'hommes, parmi lesquels du Guesclin, de s'installer sur la muraille, non loin de la porte de Motreff, et de permettre à leurs compagnons de les rejoindre. Le futur connétable se frayait un chemin avec sa lourde épée à deux mains. Son bouclier frappé de l'aigle à deux têtes barré d'un trait de sang semblait attirer à lui tous les défenseurs. Il les repoussait peu à peu vers la rue de la Moutarde, puis les Halles. Comment résister à une telle furie, à ce monstre terrifiant de laideur, à ce vaillant chevalier ?

Il était inutile de continuer un combat perdu. Yann Seitek et quelques hommes rendirent leur épée. Du Guesclin s'approcha d'eux et dit :

- Je rends hommage à votre courage ! Mais vous défendez une mauvaise cause !

- Pourquoi mauvaise ? répondit Yann hardiment.

Bertrand le fixa dans les yeux d'un air terrible. Mais devant sa jeunesse, son regard se radoucit et il dit simplement :

- Vous serviez l'Anglais ! Vous êtes de France !

- Nous sommes de Bretagne d'abord ! lança Yann Seitek la voix frémissante.

Bertrand le regarda, surpris par son attitude courageuse. Il aimait de tels hommes.

- Oui, fit-il doucement, nous sommes de Bretagne d'abord, mais de France ensuite ! Certainement pas d’Angleterre ! N'oublie jamais cela ! Jamais ! »

(extrait de "D'Armor et d'Agoat" : Le chevalier à l'hermine )

Allez, à plus...

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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 15:56

Dans notre série "Amusons-nous un peu !"... voici de quoi alimenter votre hilarité...

Tout change, tout bouge, tout évolue... parfois dans le mauvais sens...

Ainsi en 40 années, de 1960 à 2000, on a pu constater l'évolution des mathématiques et donc de son apprentissage.

Voici donc un exemple par l'intermédiaire d'un petit problème tel qu'on le posait en 1960. Voyons donc comment il a évolué... J'ai retrouvé ce petit texte en rangeant mes affaires... ce qui montre (à l'évidence !...) qu'il est toujours utile de ranger !

Enseignement 1960 :

Un paysan vend un sac de pommes de terre 100 francs. Ses frais de production s'élèvent aux quatre cinquièmes du prix de vente. Quel est son bénéfice ?

Enseignement traditionnel 1970 :

Un paysan vend un sac de pommes de terre 100 francs. Ses frais de production s'élèvent aux quatre cinquièmes du prix de vente c'est à dire 80 francs. Quel est son bénéfice ?

Enseignement moderne 1970 :

Un paysan échange un ensemble P de pommes de terre contre un ensemble M de monnaie. Le cardinal de l'ensemble M est égal à 100 et chaque élément P (M) vaut 1 franc. Dessine 100 gros points représentant les éléments de l'ensemble M. L'ensemble F des frais de production représente 20 gros points de moins que l'ensemble M. Représente l'ensemble F comme sous-ensemble de l'ensemble M et donne la réponse à la question suivante : quel est le cardinal de l'ensemble B des bénéfices ? (à dessiner en rouge).

Enseignement rénové 1980 :

Un paysan vend un sac de pommes de terre 100 francs. Les frais de production s'élèvent à 80 francs et le bénéfice est de 20 francs. Devoir : souligne les mots « pommes de terre » et discutes-en avec ton voisin.

Enseignement réformé 1980 :

Un peizan kapitalist privilégié sanrichi injustement de 20 frans sur un sac de patat. Analiz le tekst et recherche les fote de contenu, de gramère, dortograf, de pontuassion et ançuite di se que tu panse de cet manière de sanrichir.

Enseignement assisté par ordinateur 1990 :

Un producteur de l'espace agricole ciblé consulte en conversationnel une data-bank qui display le day-rate de la pomme de terre. Il loade son progiciel de computation fiable et détermine le cash-flow sur écran bit-map (sous MS/DOS avec config floppy et disque dur 40 Mo). Dessine avec ta souris le contour intégré 3D du sac de pommes de terre, puis logue-toi au network par le 36-15 BP (Blue Potatoe) et suis les indications du menu.

Enseignement 2000 :

Qu'est-ce qu'un paysan ?

Voilà... Et vous allez penser que j'ai exagéré... Un peu, mais à peine... J'ai connu de telles situations, notamment l'épopée des maths dites modernes où l'on ne jurait plus que par les ensembles et leurs cardinaux... Le cardinal d'un ensemble est tout simplement le nombre d'objets qui y figurent. Ainsi le cardinal d'un ensemble de vingt pommes est 20 !...

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? ? ? Je vous le demande !

Pour les Anciens, pensez que l'on distinguait autrefois les nombres cardinaux et les nombres ordinaux. Un, deux, trois quatre... sont des nombres cardinaux. Premier, deuxième, troisième... sont des nombres ordinaux.

Et maintenant, direz-vous, où en sont les mathématiques ? ? ?

Vaste problème !...

Allez, à plus !

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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 09:46

Il y a quelques siècles, les habitants de Brou étaient surnommés les veaux de Brou... Ce sobriquet ne vient pas du marché hebdomadaire fort réputé depuis le XIIè siècle, dans lequel il était fait un grand commerce de veaux. Pourquoi donc ce surnom étonnant ? Qu'avaient fait les habitants du lieu pour mériter une telle appellation... contrôlée ? Le général de Gaulle a dit un jour que les Français étaient des veaux... Je sais qu'il faut replacer cette boutade dans son contexte... car enfin, sommes-nous vraiment des veaux ? Bref ! Mais c'était bien longtemps après que cette aventure fût arrivée chez les Broutains (et les Broutaines)... Laissez-moi vous narrer cette histoire, telle que je l'ai lue dans un vieux grimoire poussiéreux sur la couverture duquel on pouvait encore lire, mais difficilement : « Le folklore de la Beauce et du Perche ».

Il y a bien longtemps de cela, trois jeunes gens arrivèrent à Brou. Leur arrivée ne passa pas inaperçue car à cette époque, tout le monde se connaissait. La venue de trois étrangers était donc immédiatement remarquée, d'autant plus qu'ils ne firent rien pour ne pas se faire remarquer, bien au contraire... C'étaient des vagabonds qui avaient la bourse aussi plate que le pays environnant... Mais ils avaient l'esprit inventif, comme on va s'en rendre compte. Et essayez d'en faire autant !

Ils se répandirent par toute a ville, claironnant à tous les carrefours qu'ils étaient comédiens de Sa Majesté le roi de France (et de Navarre), qu'ils arrivaient tout droit de Paris, spécialement à Brou, et qu'ils allaient donner aux Broutains (et aux Broutaines) la primeur d'un spectacle qu'ils avaient écrit spécialement à leur intention... une pièce inédite, une sorte de mystère, genre très prisé à l'époque, dont le titre était « La fuite des enfants sans argent ».

Le titre aurait dû mettre la puce à l'oreille aux plus dégourdis. Mais la perspective d'un spectacle réjouissant, à une époque où ils étaient plutôt rares, fit taire les soupçons, si tant est qu'il y en eût...

Un amateur éclairé leur avait prêté une grange qui faisait office de salle de spectacle. Les Broutains (et les Broutaines) accoururent en foule avec la ferme intention de bien s'esbaudir... L'un des artistes... se tenait à l'unique entrée de la grange et percevait la contribution des spectateurs, tandis que les deux autres, juchés sur des tabourets, faisaient grincer leur violon pour faire patienter l'assistance en attendant le début de la séance. Lorsque la grange fut entièrement remplie, que tous avaient pu prendre place, les trois comédiens sortirent, sans oublier la recette, fermèrent la porte à double tour et s'en allèrent le plus simplement du monde mais aussi le plus rapidement possible, en mettant la clé dans leur poche. Leur départ fut plus discret que leur arrivée.

Au bout d'une petite heure, ils avaient parcouru un peu plus d'un lieue. Ils croisèrent alors un quidam qui se rendait à la ville. Ils lui dirent :

-Mon ami, nous venons de nous rendre compte que nous avons quitté la ville en emportant par mégarde la clé d'une grange dans laquelle sont enfermés une grande quantité de veaux. Voudriez-vous la donner à qui de droit ?

-Certes, certes, je le ferai !

Ce qui fut dit fut fait, et les trois filous poursuivirent leur route, tandis que le bonhomme continuait la sienne vers Brou. Une heure plus tard, il arriva devant la grange qu'il reconnut sans peine car il y régnait un tumulte indescriptible. On n'entendait que cris, gémissements, trépignements, plaintes, menaces. Ce vacarme ressemblait effectivement aux beuglements d'un troupeau de veaux...

Notre homme, étonné de ce tapage et voulant en avoir le cœur net, ouvrit la porte de la grange. Une foule d'hommes, de femmes et d'enfants, fort en colère, hurlant, se précipita par l'ouverture comme un torrent impétueux. Bousculé par ce flot, il faillit être renversé et piétiné. Le croyant responsable de leur mésaventure, les spectateurs déçus et furieux rouèrent de coups ce brave homme qui avait simplement voulu rendre service et qui était pris pour un complice des trois larrons...

Depuis ce jour, les habitants du pays furent surnommés les veaux de Brou...

Désormais, dès que quelqu'un était trompé par une autre personne, on disait de lui : « Pauvre gars, tu ressembles aux veaux de Brou »... ce qui n'était pas un compliment, on s'en doute..

Cela vous a-t-il plu ?... Allez, à plus...

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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 15:09

C'était il y a... un certain temps... Vous avez raison !

Nous sommes début juin 1940. Voilà près d'un mois que les Allemands ont attaqué après plusieurs mois d'attente. La "Drôle de guerre" est devenue "la Guerre pas drôle du tout"... Le 6 juin, soit quatre ans pile avant le débarquement... mais personne ne le sait encore... le Président du conseil Paul Reynaud nomme le général de Gaulle sous-secrétaire d'État à la guerre et à la Défense nationale. Il était chargé de coordonner l'action avec le Royaume Uni de Grande Bretagne pour poursuivre le combat. On sait maintenant qu'il avait été question que les deux pays n'en fassent qu'un pendant la durée de la guerre... et après si affinités... My God ! Aurions-nous été sujets britanniques... à moins que ce ne soit le contraire...

Bref ! La chose ne se fit pas et on connaît la suite...

Dès qu'on apprit sa nomination, l'antichambre de son bureau rue St Dominique se remplit immédiatement d'officiers généraux. On peut penser qu'ils venaient soumettre des plans d'opérations ou des idées pour la poursuite de la guerre.

Vous n'y êtes pas du tout. C'est le général lui-même qui a donné l'explication au colonel Rémy :

-Tous, vous m'entendez bien tous ! Venaient me demander une promotion ou une décoration !

Comment s'étonner après ça que la France ait reçu une des plus belles dérouillées de son histoire ! ! !

Allez, à plus ! Et ne vous inquiétez pas : il y a prescription !

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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 17:08

Voici une histoire authentique que j'ai trouvée dans les contes populaires et légendes du Val de Loire. Elle s'est passée en 1786 et a été relatée dans les Affiches Chartraines de mars de la même année. Elle paraît tellement incroyable que les développements qui lui ont été apportés en ont fait une légende. Pourtant de tels cas existent et la médecine peut maintenant les expliquer aisément... Mais à cette époque ce n'était pas le cas...

Le père Victor était moine de l'ordre des récollets dont le couvent se trouvait près de Châteaudun. Il était atteint d'une affection nerveuse qui le handicapait beaucoup. Il fit une crise plus forte que les autres et au bout d'une dizaine de jours, il trépassa...

Il était soigné par le médecin du roi, également médecin ordinaire du couvent, qui fut très étonné d'une issue si rapide et si brutale. Pourtant, il ne devait y avoir aucune hésitation, le corps présentait une rigidité cadavérique caractéristique. Cependant, sa certitude n'était pas affirmée. Il douta... Et si le mort... n'était pas mort ? Cela lui parut suspect. Il prit alors une décision surprenante. Il fit venir quinze musiciens du régiment de dragons en garnison à Châteaudun. Le moine avait été placé dans un cercueil ouvert évidemment... qui était exposé dans l'église. Les musiciens reçurent l'ordre d'exécuter les airs les plus entraînants pendant que le docteur frottait les tempes et la figure du mort avec des eaux alcoolisées.

Au bout de quatre morceaux, les muscles du visage parurent se distendre, les paupières se mirent à clignoter faiblement et les lèvres à remuer imperceptiblement.

On emporta le corps à l'infirmerie et d'autres musiciens succédèrent aux dragons : des violonistes qui jouèrent gavottes, valses, menuets... Le moine ouvre un peu les yeux et prononce des paroles que nul ne peut comprendre, mais il reprend vie. Les musiciens redoublent d'ardeur, la musique se fait plus percutante...

Voici le père Victor qui se dresse sur sa couche, sourit à ceux qui l'entourent et se met à parler, distinctement cette fois.

Deux jours plus tard, il était entièrement guéri...

Etonnant, n'est-ce pas ? ? ? Je pense que la médecine peut maintenant expliquer ce cas. Si vous avez une explication, je suis preneur !...

Alors, si vous mourez un jour... et je sais que cela vous arrivera car, comme l'a si bien dit Fontenelle : "Ne prenez pas la vie trop au sérieux, de toute façon vous n'en sortirez pas vivant..." pensez à vous entourer d'un grand orchestre afin de vous faire renaître à la vie... Et si cela a réussi avec un, pourquoi pas avec un autre ?

Allez, que cela ne vous empêche pas de dormir... et à plus !

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