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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 10:12

 

Hier soir la 2 comme on disait autrefois... présentait une émission sur Sarah Bernhardt. On n'a pas tout raconté... et il m'est revenu à l'esprit ce texte que j'ai écrit pour l'almanach du Normand 2013... Je vous le livre.

 

 Sarah Bernhardt est devenue comédienne grâce  au duc de Morny...

 

Le duc de Morny ne s'est pas contenté de lancer Deauville... Il a aussi lancé Sarah Bernhardt... si l'on peut dire... Laissez-moi vous conter la chose...

Nous étions à la fin des années 1850. La jeune Sarah Bernhardt, une quinzaine d'années, posait à se mère quelques problèmes : qu'allait-on bien pouvoir faire d'elle ? Sa mère la voyait comme elle, protégée par des personnages importants et influents... courtisane disons le mot... Ou alors mariée à un beau parti... La jeune Sarah pour le moment voulait prendre le voile...

Un matin, sa mère lui dit :

- « Après déjeuner, il y a conseil de famille...

Voilà qui ne rassure pas Sarah ! On va certainement décider de son avenir...

La voici donc dans le salon avec, outre sa mère, d'autres membres de la famille, plus le baron Larrey, le duc de Morny et un vieil ami de la famille, M. de Meydieu, qui lance aimablement :

-Alors, c'est pour toi, ma fille, qu'on dérange tant de braves gens qui ont vraiment autre chose à faire que de s'occuper d'une morveuse ?

Ce qui est le comble de la muflerie, on en conviendra...

Tous ces « braves gens » discutent donc du sort de la gamine sans y mettre les formes, sans grande délicatesse... Le sieur de Meydieu a donné le ton... En faire une courtisane... il n'est même pas besoin d'y songer... Elle est trop maigre ! La robe dans laquelle elle est fagotée montre une désolante absence de poitrine et des épaules osseuses... Sarah Bernhardt écrira plus tard qu'on la trouvait « maigre à faire pleurer une oie »...

Elle peut entrer chez Charlotte et ses filles... qui est modiste boulevard des Capucines. On peut aussi lui faire acquérir une plus grande culture générale, à quoi celui que Sarah appelle « l'odieux » répond dédaigneusement :

-Pour quoi faire ?...

Un dégourdi note alors que les cent mille francs de dot prévus permettront à la jeune fille de trouver toujours preneur, malgré ses défauts physiques...

-Mais je ne veux pas me marier ! Je veux entrer au couvent ! Répète Sarah...

-Dans ce cas, il te faudra beaucoup d'argent... et tu n'en as pas...

-J'aurai celui de mon père !

-Pas sans le mariage.

-Alors j'épouserai le bon Dieu !

Bref, on n'avançait pas. Aucune proposition ne trouvait l'agrément de l'intéressée ou de sa famille.

Pendant tout ce temps, le duc de Morny, très élégant, l'air blasé comme il convient, se tenait dans l'embrasure d'une fenêtre du salon. Il est venu parce qu'il aime bien Sarah. Mais ces discussions l'ennuient profondément. Elles prennent un tour écœurant qui lui déplait. Il pense donc que sa présence n'est plus utile. Il décide donc de s'en aller. Cependant, comme il aime bien la gamine, en passant près d'elle, il lui tape légèrement l'épaule et lance de façon à être entendu de tous :

-Savez-vous ce qu'il faut faire de cette enfant ? La mettre au Conservatoire !

Cette idée saugrenue surprend certes, mais comme on n'en avait pas d'autre, elle est adoptée à l'unanimité.

Alea jacta est : Sarah Bernhardt ne sera ni courtisane ni religieuse, mais comédienne. Ainsi en a décidé le conseil de famille...

Encore fallait-il qu'elle fût admise au Conservatoire ! Le concours d'entrée est très sélectif. Puisque Morny en a eu l'idée, qu'il fasse ce qu'il faut ! Le directeur est Auber, célèbre compositeur qui a alors 78 ans. Il ne peut rien refuser à Morny et promet d'examiner le cas de Sarah « avec bienveillance »...

Mais il ne faut quand même pas qu'elle soit ridicule. Elle travaille donc et prépare une scène de L'École des femmes. Mais elle n'a prévu personne pour lui donner la réplique. Alors, chose inouïe, elle récite la fable de La Fontaine Les deux pigeons. Cela ne s'est jamais fait, le jury qui doit décider de son sort est surpris mais l'un d'eux dit « Tant mieux, ce sera plus vite fait ! »... sous les rires de ses confrères, ce qui montre que les chances de la jeune fille étaient inexistantes...

Elle commence donc :

« Deux pigeons s'aimaient d'amour tendre.

L'un d'eux s'ennuyant au logis... »

Mais elle s'arrête soudain, désorientée. Va-t-elle pleurer... ou partir ? Auber lui fait signe de continuer.

-Continuez, mon enfant.

Sarah se reprend, domine son anxiété et continue. Elle va montrer ce dont elle est capable ! Sa voix s'affermit peu à peu, devient plus éloquente et les membres du jury, un instant amusés voire ironiques, sont pris sous le charme de cette voix si chaude, si particulière, dont l'actrice saura jouer avec talent. La banale fable prend dans sa bouche toute sa puissance émotionnelle.

C'est dans un silence attentif qu'ils écoutent cette « voix d'or ».

Bien entendu, Sarah est reçue.

 

Allez, à plus...

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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 11:57

 

 

 

Il y a quelques décennies, la traite des vaches s'effectuait à la main, chaque trayeuse s'assoyant à côté de sa vache sur un trépied en bois. Et que je te triture les pis jusqu'à ce que le lait mousseux gicle dans le seau. Cette opération s'effectuait deux fois par jour : le matin et le soir. Elle demandait... un certain temps, selon le nombre des vaches et celui des trayeuses. C'était surtout une contrainte... et bien de fermiers l'ont connue.

Et puis sont arrivées les machines à traire. Progrès certes puisque la machine faisait le travail. Il suffisait que la vache se place au bon endroit, en l'y aidant parfois, que le fermier (ou la fermière ) ajuste les gobelets trayeurs aux pis, non sans les avoir auparavant nettoyés. La machine faisait le reste. Il suffisait ensuite d'enlever les gobelets, de les nettoyer avant de recevoir la cliente suivante...

Ce procédé nécessitait toujours la présence d'une personne.

Évidemment, direz-vous... les vaches ne vont quand même pas se traire toutes seules !...

Eh bien, avec le robot de traite, si ! ! !

Imaginez des vaches dans un endroit genre stabulation libre, qui vaquent librement à leurs occupations habituelles... des occupations de vaches évidemment... Et puis tout d'un coup l'une d'elle se dit : et si j'allais me faire traire ?

Elle se dirige alors vers le lieu où la chose se passe et s'installe. Des petites brosses nettoient les pis, puis les gobelets trayeurs viennent se placer tout seuls et en avant pour la traite ! Quand c'est fini, la vache sort (dignement...) et a le choix entre rester dans la stabulation ou aller dehors...

Utopie ? Imagination fertile ? Rêverie ?... Pas du tout ! Ce que je viens de vous raconter, je l'ai vu (de mes yeux... suivant la formule consacrée...) dans une ferme ornaise, à Moncy exactement, chez des cousins : l' EARL Hatteville.

 

 

DSC08733.JPG

Il faut dire que ce système date d'une vingtaine d'années. Il a mis un peu de temps à se développer, et l'accélération est nette surtout depuis les années 2000. Actuellement, on estime qu'environ 2800 exploitations sont équipées d'au moins un robot de traite, parfois deux et plus rarement trois. Cela représente au total environ 3500 robots sur le marché français (environ 4% des élevages laitiers français) (sources : Institut de l'élevage).

Voir fonctionner ce système est stupéfiant. Les vaches viennent se faire traire à leur convenance. Plus besoin de personne pour placer les gobelets... Le fermier peut aller se promener...

 

 

DSC08734.JPG

Pas exactement quand même... car il a autre chose à faire... mais il n'est plus tenu de rester présent à la traite. Et si un problème se présente, il en est immédiatement informé sur son portable.

Il faut dire que tout est informatisé. Chaque vache porte un collier dans lequel sont gardées toutes les données la concernant. Lorsqu'elle se présente à la traite, la machine connaît tout d'elle : combien de lait elle donne habituellement, si elle a eu des veaux, si elle est déjà venue se faire traire il y a peu de temps. Dans ce cas bien entendu, inutile de recommencer. La machine lui envoie alors une petite décharge électrique au bout d'une trentaine de secondes pour la faire partir. On prétend que les vaches sont bêtes... Eh bien elles attendent de partir juste avant le petit rappel à l'ordre... Alors, revoyez votre jugement...

Bien entendu, au début, il faut habituer les vaches à ce nouveau procédé. Cette mise en route demande environ une semaine, mais les vaches apprennent vite, d'autant plus qu'au bout du compte il y a la carotte... je veux dire le foin qui les récompense....

Ce système rend le travail moins pénible et moins répétitif, donne plus de temps libre.

Dans la stabulation, la circulation des animaux est dirigée : ils suivent un circuit imposé à l'aide de barrières automatiques qui ne s'ouvrent que dans un sens, avec une aire d'alimentation, une aire d'attente, une aire de couchage, une aire de tri.

 

 

DSC08732.JPG

Évidemment tout cela a un coût... Dans le cas qui nous intéresse (EARL Hatteville), il y a environ entre 60 et 70 vaches. Plus d'animaux nécessiterait un second robot.

Le robot coûte 150 000 euros hors taxes soit 180 000 euros taxes comprises. Il faut compter en plus la maintenance. En effet, si un problème sérieux se présente, le fermier appelle la maintenance de sa marque (ici c'est un robot hollandais Lely ; il y a d'autres marques, notamment le français Delaval). Comptez donc 6 000 euros en plus pour la maintenance.

En conclusion, on peut dire que le robot est l'avenir d'une partie de la production laitière française, mais aussi occidentale. On peut penser que si le robot se développe, le prix baissera, ce qui permettra à un plus grand nombre de profiter de ses avantages indéniables...

 Allez, à plus...

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 17:27

Oui, mon 10è livre est paru à la date prévue : fin avril dernier.

Je rappelle son titre : "Anjou, les histoires extraordinaires de mon grand-père" et vous avez pu voir la photo de sa couverture, je ne la remets pas...

Vous le trouverez dans toutes les bonnes librairies (les autres aussi...) et s'ils ne l'ont pas, il suffit de le commander. A moins que vous veniez me le demander personnellement... Vous avez le choix...

Mais je vous le recommande... chaudement !

A suivre : "Maine, les histoires extraordinaires de mon grand-père", parution en automne prochain.

Et maintenant, je suis dans l'écriture des suivants : "Champagne les histoires extraordinaires de mon grand-père" et "Contes et légendes de l'Anjou et du Maine", qui doivent paraître tous les deux en 2014 : printemps pour le premier, automne pour le second.

N'oublions pas les sept almanachs des Terroirs de France, édition 2015... qui doivent être bouclés pour avril 2014 et paraître en septembre 2014. (la mouture 2014 doit paraître en septembre 2013) (je sais... il y a de quoi s'y perdre... L'essentiel, est que je ne perde pas, moi ! ! !)

Pour la suite, je vous tiendrai au courant... Car il y a une suite, je vous l'avais dit...

Allez, à plus...

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 17:40

 

Mercredi 13 mars , pendant que les cardinaux réunis en conclave élisaient un nouveau pape, tous ceux qui se trouvaient sur la place Saint-Pierre à Rome ont pu voir une chose assez surprenante : un goéland s'est longuement posé sur la cheminée qui se trouve au-dessus de la Chapelle Sixtine, là où justement se déroulait le vote.

Quelques-uns en ont fait des gorges chaudes... mais personne n'y a vu un signe...

Certes, au moment où cet oiseau est resté perché plus d'une heure sur la cheminée, on pouvait difficilement y voir un signe... bien que ce fut un goéland...

Peut-être aurait-on pu penser que c'était le Saint-Esprit qui venait ainsi inspirer les cardinaux dans leur choix. Cela se passait au moment précis où le futur pape devait être élu... Mais... un goéland... Le Saint-Esprit est habituellement représenté sous la forme d'une colombe, pas d'un oiseau de mer ! Mais... il fait ce qu'il veut... le Saint-Esprit ! ! !

Mais après, lorsque vers 20 h fut divulgué le nom du nouvel élu : François... les yeux auraient dû s'ouvrir ! On aurait dû comprendre !

Même pas !

C'est quand même curieux : ceux qui ont des yeux pour voir ne voient même pas !

Réfléchissez un peu : Au moment où celui qui allait s'appeler François était élu par ses pairs, un oiseau est resté perché pendant plus d'une heure sur la cheminée par laquelle allait sortir la fumée blanche annonciatrice de l'élection. Il s'est envolé vers 18 h 15, alors que le vote devait être terminé et le résultat encore inconnu.

Vous ne voyez toujours pas ?

Un oiseau... et François... enfin... saint François d'Assise, puisque le nouveau pape a bien précisé qu'il se référait à lui et non aux autres saints François...

Eh oui, François d'Assise, lui qui avait dit :

« Mes frères les oiseaux, vous avez bien sujet de louer votre créateur et de l’aimer toujours ; Il vous a donné des plumes pour vous vêtir, des ailes pour voler et tout ce dont vous avez besoin pour vivre.
De toutes les créatures de Dieu, c’est vous qui avez meilleure grâce ; il vous a dévolu pour champ l’espace et sa simplicité ;
Vous n’avez ni à semer, ni à moissonner ; il vous donne le vivre et le couvert sans que vous ayez à vous en inquiéter. »

 

Il s'agissait bien d'un signe du ciel, non ?...

Mais apparemment je suis le seul à avoir fait le rapprochement entre cet oiseau et notre pape François...

C'est pourtant clair , non ?...

 

Allez, à plus...

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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 18:01

couverture-du-livre.gif

 

Il va enfin paraître ! ! !

Voici la couverture de mon prochain livre qui doit paraître an avril prochain.

Je n'ai pas à vous vanter ses mérites...  Faites votre opinion vous-même en le lisant... lorsqu'il paraîtra. Mais je ne suis pas inquiet... nous en parlerons après.

Vous trouverez des bonnes histoires de notre terroir angevin, parfois en patois, que j'ai simplifié pour qu'il devienne lisible par tous.

M'enfin,  nos bonn'  gens causaient ainsi ! Fallait ben que j' fasse comme eux itou.

J'avoue que les patois angevins et mainiot (Bas Maine, Mayenne pour être plus clair...) se ressemblent un brin, et moi qui ai écrit un livre sur le patois mayennais, j'en sais queuq' chouse !

Alors il m'arrive de les confondre, ces deux patois, et si c'est patois, c'est l'autre...

Bon. C'est pas tout ça !

Maintenant mon prochain livre ce sera justement : Maine, les histoires extraordinaires de mon grand-père, qui devrait paraître à l'automne.

Et je suis actuellement dans l'écriture du suivant : Champagne, les histoires extraordinaires de mon grand-père...

Celui-là devrait pararaître au printemps 2014.

Et la suite ?

Il y en a une... un livre sur les contes populaires de l'Anjou et du Maine, ceux des veillées, que l'on racontait le soir à la lueur indécise d'une chandelle, ou à  la flamme vacillante de la cheminée. Des contes populaires que je dois retrouver...

Ces contes qui n'étaient qu'oraux et qu'il a bien fallu traduire par écrit pour qu'ils ne se perdent point, et qui font partie de notre patrimoine...

Parution automne 2014...

Et après ? Car il y a un après...

Je vous en parlerai... après...

 

Allez, à plus !...



 

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 06:49

 

  Voilà une information capitale qui vous fera certainement du bien et vous permettra de voir avec plus de sérénité cette année 2013 dont on nous dit pis que pendre...

En effet, des historiens et non des moindres avaient prétendu que Louis XIV ne pouvait pas être le fils de Louis XIII...

Comment un roi aussi introverti que Louis XIII avait pu avoir un fils aussi flamboyant que Louis XIV ? Je veux parler de se jeunes années évidemment... Le roi soleil pour tout dire...

Déjà Louis XIII est le fils d'Henri IV... deux personnes aussi dissemblables que oLuis XIII et Louis XIV...

Alors, les historiens ont répondu à cela : rien d'étonnant, l'un n'est pas le fils de l'autre !

Mais alors, de qui est-il le fils ? Là, les avis divergent...

Bref ! Je viens vous apporter la preuve aujourd'hui que Louis XIV est bien le fils de Louis XIII !

Comment puis-je avancer cela ?

Vous avez peut-être entendu parler de la « soi-disant » tête de Henri IV qu'on aurait retrouvée... Après bien des recherches et en utilisant toutes les ressources de la science moderne, on est arrivé au résultat suivant qu'il s'agissait bien de la tête du bon roi Henri...

En effet, une équipe scientifique franco-espagnole a trouvé un profil génétique commun entre la tête momifiée et du sang séché attribué à son descendant Louis XVI...

Oui, Henri IV et Louis XVI ont le même patrimoine génétique passant par les pères.

Donc, cela induit que Louis XVI est bien le descendant de Henri IV.

Comment le serait-il s'il y avait eu une coupure au niveau de Louis XIV ? Puisque Louis XVI descend de Louis XIV, c'est que ce dernier est bien le fils de son père ! ! !

CQFD !

Vous vous sentez nettement mieux, n'est-ce pas ? ? ?

 

Allez, à plus... et portez-vous bien !







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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 08:59

 

Voulou eune aut' histouère ? La v'là !...

 

-Dites-mé donc, les queniaux, avez-vous queuque foué vu la bête Faramine ?

-Vantiers non ! Grand-père.

-Eh ben ! Moué, j'ai un cousin remué d' germain qui l'a vue, d'aussi prêt comme je sé de vous !

-Il a dû avoir grand peur !

-J' pense ben ! Y n'était pas fiar !...

-Raconte-nous, grand père...

 

C'est mon cousin Ustache … Eune foué il s'en rev' nait de la messe de ménuite. Il avait assez loin passe qu'il habitait l'Homois et qu'il allait à la messe à Brissac. C' te nuit de Noël, y faisait eun fret (froid) de chien et de pu, y avait s' ment pas de clar de leune, y faisait noir comme dans l' cul d'un loup... C'é des coups à avar peur, mais l' gars Ustache, y n'avait pas fret aux yeux. La route, y la connaissait ben et y pensait qu'y avait ren à craindre.

Y s'en v' nait donc ben tranquillement par des chemins de travarse. Le v' là qu'arrive dans le bas de Colinet. Dans c' temps-là, y avait là un bois à travarser. Ben sûr, y se méfiait de ren, y avait pu de cinquante foués qui y passait à toute heure de nuite, y n'avait jamais ren vu. Y subiait (sifflait) comme si y s' trouvait su la place du marché de Brissac, et p' tête ben aussi pour s'donner un brin d' courage...

Tout d'un coup, y voit démusser (sortir) de dans l' coin du bois queuque chouse qu'était au moins grous comme la moiquiée du château de Brissac. C'était eune espèce de bête, qu'était laide, mais laide... Elle avait eune tête énorme, des pattes larges comme des battouères, deux yeux grands comme des goules de four, et elle était couverte de poils aussi raides que des fils de fer ! Sa queue en vrillons battait ses flancs avec force. Elle allongeait sa mouase goule en grichant des dents...

 

-Mais... grand-père... tu nous as dit qu'il faisait noir comme dans le...

-Oui, c'est vrai... Mais c' te bête-là, elle ' tait comme éclairée de l'intérieur ! Si ben que l'Ustache, il la voyait comme en plein jour... Mais si vous m'arrêtez tout le temps, je ne finirai jamais mon histoire... Je continue...

 

De pu, alle retroussait ses babines et on voyait ben ses crocs luisants... A sentait la quérée (charogne), alle empulantait (puait) ! Ren qu'à yi songer, y a you terbelir (mourir) de peur ! Le cousin Ustache n'avait point fret aux yeux dans ce temps-là, c'est sûr ! Mais je parierais ben tout et le reste qu'y n'en menait point large ! Et on peut le comprendre. Pensez donc, li tout seul, là, dans le mitan du chemin, ren dans les mains que son parapiée (parapluie), devant ce grous animal-là, qu'avait point l'air c' mode, avec son grand papot (tête de certains animaux) dégoulinant de bave...

Il a ben pensé tout de suite que c'était la bête Faramine. Il en avait entendu parler bien des foués, et elle était ben comme ça, mastoc, eune vraie pulantie (puanteur).

L'Ustache il ' tait ben en peine de savoir que faire. La situation était ben ennuyeuse... S'en sauver ? Il y avait ben pensé, mais la bête l'aurait écrabouillé du premier coup de patte, comme eune pouère chope (blette).

Appeler au secours ? Qui donc l'aurait entendu, en pieine nuite, là you qu'on n' voit ni maison, ni qui ni qué... Il ' tait ben seul en pieine forêt, seul avec la bête Faramine...

Il en était à estimer ses chances de se sauver, et y commençait déjà à penser aux prières qu'on faisait dans ces cas-là, quand tout d'un coup y yi vint eune idée qu'était pas démouchetée des hannetons ! Il avait avec li sa tabatière qu'était pleine de tabate. Il la sort de sa poche, il l'ouvre, et y yi fout tout de travers par la goule !

Ça l'a fait éternuer comme c'est pas permis, et pendant qu'il se grattait le guérouin, il n'a pas hésité : il a pris ses jambes à son cou et y s'est encouru tant qu'il a pu, si ben qu'il a battu son record de vitesse à coup sûr ! Il est rentré chez li tout frissonnant mais heureux de s'en être tiré à si bon compte...

Voilà l'histouère de la bête Faramine...

 

-Tu crois que c'est vrai, grand-père ? Ça paraît à peine croyabe ! C'est core des balivarnes, et ton cousin l'Ustache, y d' vait avar du vent dans les voiles !

-Ma fé, j' vous le donne pour le prix qu' ça m'a coûté ! C'est li même qui me l'a raconté !

 

Alors les quéniaux, av'vous tout compris ? 

 

Allez, à plus !

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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 15:43

Mon livre sur les bonnes histoires de l'Anjou est terminé et expédié à l'éditeur. Il doit paraître au printemps prochain (le livre... pas l'éditeur...)

Il devrait s'appeler (id...) "L'Anjou, les bonnes histoires de mon grand-père"... ou quelque chose comme cela.
Pour vous mettre en appétit et vous donner un aperçu de la chose, voici une histoire. C'est celle qui ouvre les hostilités... si je puis dire...

Je vous laisse la déguster. Il y a plein d'autres comme celle-là, dans des genres différents...

 

 

Le général et la jeune recrue...

 

Cela se passait à l'époque où les jeunes Français devaient à la patrie quelques mois de leur jeunesse pour effectuer leur service militaire. Tous les Français devaient y passer, à moins d'être réformés pour diverses raisons médicales. Pour les jeunes paysans qui n'étaient que rarement sortis de leur campagne, c'était l'occasion de « voir du pays »...

Voici une histoire que m'a racontée un conscrit qui était caserné à Angers.

Un jeune soldat, avait été incorporé depuis trois mois et venait de terminer ses classes. C'est la période pendant laquelle on lui apprend les rudiments du métier... rudiments qu'il se dépêchera d'oublier quand il rentrera dans ses foyers... à moins qu'une guerre vienne lui rafraîchir la mémoire... Nous en avons malheureusement connu deux cruelles au cours du XXè siècle.

Désormais, la jeune recrue est apte à assurer divers services, notamment la garde à la porte de la caserne. Une sentinelle en armes doit en effet se tenir à la porte de la caserne, de peur sans doute qu'il prenne l'idée à quelqu'un de s'échapper... J'ajoute jour et nuit...

La jeune recrue est justement de garde ce soir à la porte de la caserne de 6 h à 8 h. Il vient juste de recevoir un colis de sa famille. Dedans, il a découvert avec délice des magnifiques rillettes que sa mère lui a faites. Voilà longtemps qu'il n'a pas goûté aux rillettes maternelles... Mais cela tombe mal : comme il est de garde, il na va pas pouvoir déguster cette charcuterie qui fait le renom de l'Anjou et d'autres lieux...

Eh bien, qu'à cela ne tienne ! La tentation est trop forte... Il décide d'emmener une miche de pain afin de manger ses délicieuses rillettes... En cette soirée d'hiver, la nuit tombe de bonne heure et à 6 heures, il fait déjà sombre. Au fond de lui, il est resté un civil habillé en soldat...

Le soir, se dit-il, on voit moins de monde et je pourrai manger en paix... Personne ne me verra ! Ni vu ni connu, j't'embrouille !...

Il se taille une belle tranche de pain, étend dessus une bonne couche de rillettes, pose son fusil contre la guérite et se met à dévorer la succulente tartine.

A ce moment, passe le général commandant la division. Il vient rendre visite au colonel. En voyant la sentinelle occupée à casser sérieusement la croûte, il lui dit :

- « Tiens ! tu as donc faim ?

-Pardi ! Si je n'avais pas faim, je ne mangerais pas ! Répond le soldat qui n'a pas vu les étoiles du général à cause de l'obscurité.

Le général est un brave homme, et au lieu de s'offusquer de ce manquement grave à la discipline (qui fait la force des armées, ne l'oublions pas...), il prend la chose avec bonhomie et préfère jouer le même jeu que le jeune soldat. Inutile de dire qu'il s'amuse beaucoup...

-Mon ami, tu ne sembles pas être un militaire de carrière ? Ou un rempilé ?

-Ah ! Non, certainement pas ça ! Je fais mon service militaire comme tout le monde...

-Et tu dois être en fin de service...

-Tu n'y es pas du tout !

-Il y a bien un an que tu es mobilisé...

-Tu n'y es pas !

-... Six mois ?...

-Tu n'y es cor' pas !

-... Trois mois ?

-Ah ben ! Ce coup-ci, tu y es ! Trois mois tout juste ! … Et toi, t'es-ti militaire de carrière ?

-Tout juste !

-J' m' en doutais un peu... T'es-ti caporal ?

-Tu n'y es pas !

-T'es p' têt' sergent ?

-Tu n'y es pas !

-T'es donc sergent-major ?

-Tu n'y es pas !

-Mince alors ! P'têt' ben que t'es adjudant ?

-Tu n'y es pas !

-T'es-ti lieutenant ?

-Tu n'y es pas !

-Alors, y a pas d' doute, t'es capitaine !

-Tu n'y es cor' pas !

-Bougrou ! T'es donc commandant ?

-Tu n'y es pas !

-Alors, t'es p' têt' le colonel ?

-Tu n'y es encore pas !

-Diable ! Mais tu ne serais tout de même pas le général ?

-Si, cette fois, tu y es !

-Ah ben ! Marde alors ! Eh ben mon vieux, tiens donc ma tartine, que je te présente les armes !... »

 

 

Allez, à plus...

 

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 14:36

Samedi 23 juin, je suis allé à Laval dédicacer mon dernier livre sur le Patois mayennais. J'ai été  (bien...) reçu par la librairie Chapitre.com, ex Siloé, bien connue des Lavallois.

J'ai retrouvé quelques-uns de mes "compères" à qui j'avais rendu visite lors de la rédaction de ce livre, et qui ont eu la gentillesse de venir me soutenir...

photo-dedicace-a-Laval.JPGVoici la preuve de ma présence dans cette librairie...

Allez, à plus...


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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 17:44

 

« Inventeur d’histoires vécues »

 

PARTICIPATIONS

LE POHER HEBDO

Journal hebdomadaire du Centre Bretagne (Carhaix), titulaire de la rubrique "De pas en pages" (Souvenirs d’enfance), d’avril 1996 à juin 1998

 

ALMANACH DU BRETON  depuis 1999 (Editions CPE)

ALMANACH DU NORMAND depuis 2001 (id)

ALMANACH DE L’ANJOU depuis 2006 (id)

ALMANACH DU MAINE  depuis 2007 (id)

ALMANACH DE L'ORLEANAIS  (depuis 2010) (id)

ALMANACH DU CHAMPENOIS        "

ALMANACH DU BEAUCERON 

ALMANACH DE L'ARDENNAIS         "

ALMANACH DES 70 ANS DE LA LIBÉRATION  ponctuel

ALMANACH DE LA GRANDE GUERRE 14-18           "

ALMANACH DES ANNÉES 60                                    "

ALMANACH DU CERTIF'                                             "

 ALMANACH IL Y A 50 ANS : 1966 

 

LIVRES PARUS

*« A LA VEILLÉE EN BRETAGNE »

Éditions Communication Presse Édition (CPE)

Romorantin (41) Juin 2000

*« A LA VEILLÉE EN NORMANDIE »

Éditions CPE mai 2004

*« L’ÉCOLE DE MONSIEUR PAUL »

Éditions Cheminements (49) mars 2006

Éditions de Borée (en Terre de poche) février 2008

*«DE DERRIÈRE LES FAGOTS» « Contes et menteries du pays normand »

Editions Cheminements  novembre 2006

   

*« UN SOLDAT DE L’OMBRE » « Chroniques souriantes des années grises, Douarnenez 1939-1945 »

Éditions Cheminements octobre 2007

*NORMANDIE : LES HISTOIRES EXTRAORDINAIRES DE MON GRAND-PÈRE

Éditions CPE avril 2009

 D’ARMOR ET D'ARGOAT » « Histoires et anecdotes d'autrefois en pays breton »(Éditions Cheminements, juin 2009)

*« L’ÉCOLE DES FRÈRES », « confessions d'un pensionnaire des années 1950 » Éditions l'àpart buissonnière octobre 2010

 PATOIS DE LA MAYENNE, Causement, vieux languège et vieilles chansons de nos grands pères dans le Bas-Maine »(avril 2012, Editions CPE)

-ANJOU : LES HISTOIRES EXTRAORDINAIRES DE MON GRAND-PÈRE (Editions CPE, parution avril 2013)

 

-MAINE : LES HISTOIRES EXTRAORDINAIRES DE MON GRAND-PÈRE (Editions CPE, parution octobre 2013)

 

-CHAMPAGNE : LES HISTOIRES EXTRAORDINAIRES DE MON GRAND-PÈRE (Editions CPE, parution  printemps 2014)

 

-CONTES POPULAIRES DU MAINE ET DE L'ANJOU   (Editions CPE,  octobre 2014)

 

 -LE CANDIDAT AU CERTIF '  Roman, Editions CPE octobre 2015

 

  EN PRÉPARATION

 

-TROUFFION !  Editions CPE   Parution en 2016       

 

Allez, à plus...

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Published by Gerard Nedellec
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