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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 08:54

 

Dans notre hâte d'étrenner notre nouveau logement de vacances, nous partîmes un soir vers 17 h... pour aller coucher une cinquantaine de kilomètres plus loin, dans un fossé... enfin... au bord d'un fossé plus exactement ! Il eut été plus raisonnable de ne partir que le lendemain matin... Mais à 25 ans, croyez-vous qu'on réfléchisse à tout ça ?

Nous avons quitté la nationale et pris une petite route sur la droite. Nous nous sommes arrêtés sur la berme, légèrement en pente. Peu importe ! Nous étions pressés d'inaugurer notre saison touristique... Le siège avant fut enlevé, hissé sur le toit, recouvert d'un plastique pour le protéger d'une pluie éventuelle et maintenu par quelques tendeurs, uniquement pour empêcher le plastique de s'envoler. Le petit matériel prit place sous la voiture. Le temps était beau, pas de pluie à l'horizon. J'étalai le matelas pneumatique sur la totalité du plancher de la voiture et entrepris de le gonfler. J'avais trouvé plus pratique de procéder ainsi : entrer le matelas dégonflé plutôt que gonflé. Il se prêtait mieux aux manipulations. Il sera ensuite simple de le gonfler...

J'avais un gonfleur. Je m'installai sur le matelas et me mis à pomper vigoureusement. Mais c'était plus facile à dire qu'à faire... Au bout de quelques minutes, le volume du matelas n'avait pratiquement pas bougé. Je suais dans l'étroit habitacle, à genoux, recroquevillé, mal à l'aise. Quelque chose empêchait le matelas de se gonfler ! Mais quoi ?

Je regardai autour de moi, vérifiant que l'embout du gonfleur pénétrait bien dans la valve du matelas. Et je recommençai à pomper. Rien à faire ! Ma femme s'étonnait aussi du maigre résultat. Ce matelas diabolique ne voulait pas être gonflé ! Comment allions-nous pouvoir dormir ? L'idée de retourner à la maison nous effleura... Mais revenir, c'était reconnaître son échec ! Il n'en était pas question ! Quand le vin est tiré, il faut le boire... dit-on. Quand le matelas est étalé, il faut le gonfler !

C'est alors que ma femme dit avec son bon sens coutumier :

- « Ce serait peut-être plus facile si tu gonflais le matelas en dehors de la voiture au lieu d'être dessus ! Ton poids est un obstacle... et ce n'est pas un petit poids... »

Ça, c'était vrai ! Elle avait peut-être raison... et je pouvais toujours essayer. Je n'avais pas d'autre solution car je me rendais compte que je n'y arriverais pas. Je sortis le matelas, l'étendis sur le capot et entrepris de le gonfler. Cette fois, je sentis avec bonheur l'air pénétrer dans l'enveloppe caoutchoutée. Ça y est ! Il se remplissait doucement... mais sûrement. L'opération prit... un certain temps... Certes, c'était laborieux, mais je voyais le résultat de mes efforts. Je le gonflai « à bloc », puis l'introduisis dans la voiture. Nous ne fûmes pas trop de deux car plein comme une outre, il se prêtait moins bien aux manipulations. Mais un matelas pneumatique n'est pas un bloc de bois... et au bout de quelques minutes, il intégra parfaitement son emplacement. On aurait d'ailleurs dit que la 2 CV avait été construite autour du matelas...

Le repas fut vite expédié. Après avoir tout rangé sous la voiture pour que rien ne dépasse et soit visible, nous nous glissâmes dans notre chambre avec délectation... Mais quelque chose clochait... La sensation n'était pas celle que nous espérions. Nous rebondissions sur le matelas trop gonflé comme si nous avions été sur des ressorts. Nous n'avions pourtant pas l'intention de faire du trampoline... Le moindre mouvement était amplifié par la trop grande élasticité de notre « lit »... L'air est compressible et élastique... Nous en avions la preuve éclatante ! Notre situation était pleine de rebondissements... Encore, n'avions-nous pas tout vu...

Dormir dans de telles conditions nous sembla impossible. Il fallait réduire la pression et pour cela j'ouvris la valve du matelas afin de laisser l'air s'échapper. Comme nous étions dessus, la sortie du fluide se fit nettement plus vite qu'au remplissage. Je réalisai alors pourquoi j'avais tant de mal à gonfler lorsque j'étais dessus. Mon poids était un obstacle... rédhibitoire ! Ma femme avait raison... Il faut que je vous avoue que je n'avais jamais utilisé de matelas gonflable. Ceci explique cela.

Il fallut vider au moins la moitié de l'air pour que notre corps trouve une place confortable pour la nuit. Les prochaines fois, nous saurions... C'est ainsi qu'on apprend...

Les rideaux « épinglés », nous enfilâmes notre sac de couchage et nous allongeâmes pour essayer de dormir. Nous avions choisi de mettre nos têtes vers l'arrière, car la hauteur « sous plafond » était plus grande... J'avais donc les pieds sur les pédales de frein et de débrayage... qui me gênaient parfois lorsque j'effectuais un retournement... D'autre part, j'ai dit que la voiture était un peu en pente. Ce détail nous avait échappé... comme bien d'autres. Si l'avant avait été plus haut que l'arrière, nous aurions eu les jambes surélevées, position idéale pour dormir... Mais la voiture penchant vers le fossé, j'avais tendance à rouler de bâbord à tribord... Ce n'était plus une voiture : c'était un navire de haute mer !

Malgré tous ces petits inconvénients, nous passâmes une bonne nuit. Quand on est jeune, on dort partout... Cela change avec l'âge...

Ce premier soir avait servi de « générale »... Nous tiendrons compte des modifications à apporter... Tous les matins, il fallait dégonfler le matelas, le plier, remettre le siège avant et tout le matériel qui avait passé la nuit sous la voiture. Une jerricane en plastique jaune nous donnait l'eau dont nous avions besoin. Un camping-gaz permettait de la chauffer pour prendre un café chaud. Quand on est jeune, on n'est pas difficile... Cela change aussi avec l'âge...

 (à suivre...)

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Published by Gerard Nedellec
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