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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 18:27

 

Nous avions décidé de visiter la Belgique. Après une journée passée à Bruxelles, nous quittâmes la ville en fin d'après-midi. Prochaine étape : Namur. Nous roulions donc allègrement sur la nationale Bruxelles-Namur. Le temps était beau, un peu lourd, orageux. Au bout de quelques kilomètres, nous aperçûmes une forêt qui nous tendait les bras. Les jours sont longs en été, mais il était temps de prévoir notre point de chute. Nous nous engageâmes dans la forêt. C'était une magnifique futaie, aux grands arbres élancés. Notre 2 CV trouva une place parfaite, bien à l'horizontale. Nous sortîmes la table et les sièges pliants, et mangeâmes de bon appétit.

- « Quel calme ! Voilà un endroit idéal, pas trop loin de la route, mais suffisamment pour ne pas être gênés par le bruit des voitures. »

Vraiment le coin idéal... Nous retrouvâmes notre lit douillet... sans les péripéties du premier jour... Néanmoins, l'entrée « au lit » était un peu... acrobatique... Je parie que vous n'êtes jamais entré à quatre pattes dans votre lit ! C'était notre quart d'heure de sport de la journée... Il fallait bien tout ce temps pour trouver une position convenable. A chaque mouvement, la 2 CV, bonne fille, nous accompagnait en tanguant d'avant en arrière et en roulant de gauche à droite. Il fallait avoir le pied marin ! Puis, les rideaux installés, nous sombrâmes dans le sommeil.

Vers minuit, de sourds grondements nous réveillèrent. Malgré les rideaux, notre chambre était éclairée violemment pendant de brefs moments. Je les écartai prudemment : des éclairs zébraient le ciel d'un noir d'encre.

- « Un orage ! Avec tous ces grands arbres qui nous entourent, ce n'est pas prudent de rester ici... Il faut partir !

-Partir ? Répondit ma femme. Mais... pour aller où ?

-Je ne sais pas... Dans un endroit où il n'y aura pas d'arbres comme ceux-ci. Imagine que la foudre tombe sur celui sous lequel nous nous trouvons. Nous serions écrasés sans avoir eu le temps de réagir.

Dehors, les grondements du tonnerre devenaient de plus en plus rapprochés et les éclairs de plus en plus nombreux. Le vent commençait à souffler. Une tempête se préparait.

-Filons vite pendant qu'il est encore temps ! Quand la pluie tombera, nous serons bloqués ! Pas le temps de rentrer le siège, nous allons juste un peu plus loin... »

Il a quand même fallu rentrer les affaires se trouvant sous la voiture, et en route ! Avez-vous essayé de conduire sans siège ? Eh bien moi non plus. A défaut de siège, je pris la jerricane d'eau et la plaçai au bon endroit afin de m'asseoir dessus. Mais le matelas étant toujours gonflé, l'assise était trop haute et surtout la jerricane n'était pas stable : elle oscillait dangereusement, au risque de perturber la conduite.

Je dégonflai donc la moitié du matelas, côté volant, et plaçai la jerricane. La stabilité était meilleure mais conduire dans ces conditions était néanmoins risqué... A la guerre comme à la guerre ! La voiture s'ébranla doucement pour retrouver la nationale. Quand je freinais trop fort, mon « siège-jerricane » reculait... et je devais me replacer rapidement car mes pieds se trouvaient dans le vide. Il fallait donc effleurer les pédales et ne pas aller vite pour garder la maîtrise du véhicule. De plus, le siège sur le toit ne tenait pas beaucoup. J'ai dit qu'il était juste maintenu, pas attaché solidement. Il offrait une grande prise au vent, la vitesse l'aurait déséquilibré et nous aurions vu notre siège s'envoler... Le vol de nuit est interdit pour les sièges de 2 CV ! En cahotant sur le sentier inégal, la voiture rejoignit la nationale. Je pris ma vitesse de croisière : 20 km/h.

A cette heure tardive, la circulation était heureusement réduite. Cependant quelques bolides nous doublèrent... Conduire dans ces conditions n'est guère facile et je ne conseille à personne d'essayer. J'allais doucement pour ne pas faire tomber mon chargement et ne pas être obligé de freiner brutalement pour me retrouver au fond de la voiture...

Nous avancions prudemment. A notre droite, toujours la forêt. Elle ne finira donc jamais ? J'écarquillais les yeux pour mieux voir la route, mais la visibilité était de moins en moins bonne. Je savais que les phares de la 2 CV n'éclairaient pas très fort... mais là, tout de même... On ne voyait presque plus rien. Y avait-il de la buée sur le pare-brise ? Non bien sûr puisque le petit volet de la vitre était relevé. Alors, que se passait-il ?

Il me sembla que la voiture ralentissait. Pourtant, j'appuyais sur l'accélérateur. Soudain, je réalisai que le moteur allait s'arrêter, et la voiture également bien entendu... Dans un réflexe, j'essayai de la ranger sur la berme, qui par chance était assez large à cet endroit. Mais la voiture s'immobilisa, moitié sur la berme, moitié sur la route, tandis que la lumière s'éteignait complètement. Une tentative de remise en marche m'apprit que la batterie était déchargée.

La panne... A minuit et demi, sur la nationale Bruxelles-Namur ! Je descendis pour constater la gravité de la situation. Je ne pouvais pas laisser la voiture ainsi, c'eut été dangereux. J'entrepris donc de la pousser, tandis que ma femme, au volant, tentait tant bien que mal de la diriger. Mais cette foutue bourrique de 2 CV ne voulait rien entendre ! Les roues avant étaient bloquées dans la terre meuble de la berme. On croit que la 2 CV est facile à bouger car elle remue facilement quand on la secoue. On s'imagine même qu'on la soulèverait... sans effort. Essayez donc ! Elle colle à la route...

Que faire ? Il fallait me faire aider ! Je décidai d'arrêter la prochaine voiture et me mis à guetter.

- « Tu devrais mettre quelque chose sur ton pyjama... dit soudain ma femme. Cela ne fait pas très sérieux !

( à suivre...)

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Published by Gerard Nedellec
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