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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 09:17

 

 

Voici maintenant une nouvelle série : les aventures de Deudeuche, la 2 CV...

 

 

Cette année-là, c'était je crois en juillet 1961, nous avons décidé d'utiliser notre 2 CV, non seulement comme moyen de locomotion, mais encore comme restaurant et hôtel. En clair, plutôt que payer une chambre d'hôtel souvent trop chère pour notre petit budget, nous avons décidé de dormir dans notre voiture.

Vous me rétorquerez que nous n'avions rien inventé puisqu'un tel moyen de voyage existe : le camping-car. Vous n'avez pas bien lu la date : 1961... A cette époque, le camping-car n'existait pas... ou était à ses débuts. La 2 CV peut donc être considérée comme le premier « hôtel roulant », maniable et populaire. Du moins, la nôtre...

Mais attention ! Comme elle n'était pas aménagée pour cela, il fallait la préparer soigneusement à recevoir des dormeurs... La 2 CV a la particularité de pouvoir être vidée entièrement de ses deux sièges, avant et arrière. Il s'agit dans les deux cas d'une banquette deux places, simple châssis en aluminium ou en duralumin, recouvert d'un tissu légèrement molletonné et suffisamment solide pour recevoir des voyageurs. Les deux places ne sont pas d'un seul tenant. Au milieu, pour assurer la solidité de l'ensemble, on a placé dans le sens de la largeur un montant rigide. Lorsque deux personnes sont assises... et je pense plus particulièrement aux deux places arrière... ça va. Mais si un troisième larron... ou une troisième larronne... veut prendre place à l'arrière, l'un des trois se trouve automatiquement assis sur ladite barre et je ne lui promets pas un grand confort... C'était souvent le lot des jeunes enfants... dont les muscles sont élastiques et les os « en cours de formation »... donc adaptables... La 2 CV est une voiture de quatre places... pas cinq ! Faites-vous une raison...

Encore doit-on s'estimer heureux car lorsque j'étais petit, mes parents avaient acheté une Simca 5, la puce de la route, qui n'avait que deux places. Je devais me contenter de l'arrière qui n'était nullement prévu pour un troisième voyageur, fût-il petit. J'étais assis tout bonnement sur le plancher, et roule cocotte ! Mais revenons à notre camping-car personnel...

Comme il n'était pas question d'enlever le siège avant, fort utile pour s'asseoir et conduire correctement (quoique... mais n'anticipons pas...), je l'avais gardé, n'enlevant que le siège arrière, inutile puisque nous n'étions que deux. Lorsque la voiture se transformera en chambre d'hôtel, il suffira de sortir le siège avant. Vous voyez, c'est simple...

Cependant, il y avait un petit inconvénient. Le plancher de la 2 CV n'est pas plat comme vous pourriez le croire. L'arrière est surélevé par rapport à l'avant. Ce « détail » risquait de nous poser un sérieux problème.

Après avoir étudié cette question sous tous les angles, j'en arrivai à la conclusion qu'il suffisait de combler la partie basse, pour la mettre au même niveau que la partie haute. Et voilà !

Et voilà... Mais comment ? Et puis, enlever le siège avant... Mais où le mettre ? Dehors certes... Mais en cas de pluie... Nous n'avions prévu aucun abri. Pas le confort paisible d'une tente bien sûr ! Décidément, la chose était plus ardue qu'il n'y paraissait au départ ! L'idée d'accrocher le lit sur roulettes à la voiture m'effleura un moment... juste pour rire. Mais je n'allais pas me laisser abattre ! Le moment venu, je résoudrai ces difficultés l'une après l'autre. Chaque chose en son temps !

Voyons d'abord la dénivellation du plancher. Il fallait quelque chose pour combler cet espace. C'est tout... Fabriquer un faux plancher ? Trop compliqué ! Empiler des cales en bois ? Trop encombrant ! C'est alors que me vint l'idée d'y étendre le vieil édredon très fourni que nous n'utilisions pas. Il suffirait ensuite de poser le matelas gonflable par dessus, et le tour serait joué ! L'air est un fluide qui sait s'adapter à toutes les surfaces et compenser les trous et les bosses... Solution adoptée avec succès !

Car bien entendu, il n'était pas question d'emmener des lits de camp ! Réfléchissez un peu... Des lits... dans une voiture... Si notre 2 CV était bien l'ancêtre du camping-car, elle n'en avait encore ni les ressources ni les commodités ! Un matelas pneumatique permettrait de « gommer » les petites différences de niveau qui persisteraient. Un calcul précis nous indiqua que le matelas entrait entièrement dans l'habitacle. Un matelas deux places, avec deux poches d'air séparées pour pouvoir le gonfler plus facilement l'une après l'autre. Une fois posé, il ne restait plus de place pour autre chose... Qu'importe ! Nous serions sur le matelas, et les quelques sacs d'affaires personnelles se répartiraient autour de nous...

Passons maintenant au siège avant. Où le mettre le soir à l'étape ? Après de sérieuses cogitations, je me dis qu'il ne pouvait être mieux que sur le toit ! Il n'est pas très lourd, la chose ne devrait pas poser de difficultés. Le reste du matériel serait dissimulé sous la voiture. Nous risquions peut-être de nous faire voler pendant notre sommeil, mais quand on est jeune, on ne pense pas à cela !

Rien oublié ? Cherchez bien... Il manque quelque chose. Les rideaux aux fenêtres ! Quand nous serions dans notre chambre-lit, personne ne devait nous voir. Ma femme confectionna des rideaux en grosse toile bleue. Je tendis une ficelle tout autour de la voiture... à l'intérieur évidemment. Il suffisait de fixer les rideaux avec des épingles à linge. Et voilà. Cette fois-ci, tout y est !

( à suivre...)

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Published by Gerard Nedellec
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