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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 08:47

 

Guillaume le Conquérant, 7è duc de Normandie et roi d’Angleterre, est né à Falaise vers 1027, de Robert II dit le Magnifique et d’Arlette. Chacun sait cela…

En 1837, les Falaisiens voulurent élever une statue au plus illustre de leurs concitoyens. Le président du comité, M. de Brébisson, ainsi que son animateur le docteur Delange, désiraient une statue équestre en bronze, beaucoup plus grande que celle d’Henri IV à Paris. Oui, mais pour cela il fallait de l’argent, beaucoup d’argent.

Tous les Falaisiens mirent la main à la poche : riches et moins riches, gens modestes, ouvriers, commerçants, industriels. L’évêque de Bayeux, Monseigneur Robin, versa également son obole pour que la statue élevée au plus glorieux fils de la ville puisse voir le jour. Le roi Louis-Philippe lui-même crut de son devoir de participer à cette entreprise.

Hélas ! Les fonds recueillis ne furent pas à la hauteur des espérances des promoteurs. Uns statue équestre en bronze, cela coûte très cher ! En désespoir de cause, on envisagea de la faire en fonte…

Mais tout cela avait duré de longues années. La Révolution de 1848 renversa le roi Louis-Philippe. Lui succéda la Deuxième République à la tête de laquelle le peuple élut le prince Louis Napoléon Bonaparte.

Inutile de dire que durant ces événements le comité d’érection de la statue avait eu « d’autres chats à fouetter »… si je puis me permettre cette expression familière.

La situation étant redevenue normale, le comité reprit son bâton de pèlerin afin de trouver d’autres financements. L’idée de la statue en fonte ne faisait pas l’unanimité. Le prince-président sollicité accepta de débloquer des fonds. Le comte de Chambord en fit autant (ex « enfant du miracle », ex duc de Bordeaux, futur Henri V… qu’il ne sera jamais à cause de son entêtement à rétablir le drapeau blanc des rois de France…).

On put alors couler la statue en bronze d’après l’œuvre de glaise de Louis Rochet.

L’inauguration eut lieu en 1851 sur la place de la Trinité devant trente mille Falaisiens enthousiastes. On chanta le Chant des Normands de Julien Travers sur une musique du Caennais Esprit Aubert. Le soir un immense banquet par souscription rassembla beaucoup de monde. Le lendemain un feu d’artifice sera tiré sur le Mont Mirat et des bals se dérouleront un peu partout.

La statue avait fière allure. Mais pourquoi avoir gratifié Guillaume d’une moustache gauloise qui le faisait plus ressembler à Vercingétorix… qu’à l’image qu’en donne la Tapisserie de Bayeux… justement ? On sait que les Normands avaient le visage lisse comme une pomme…et la nuque rasée. C’était peut-être pour faire « couleur locale »… à moins que ce ne soit pour complaire au prince-président et sa moustache… déjà impériale…

Gérard Nédellec


A plus...

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 08:17

 

 

 

Voilà une expression bien familière. Elle a fait connaître au monde entier la cité fondée au VIIè siècle par Tinidor, qui devint évêque de Léon. Mais il faut avouer que son origine est discutable, et discutée. Voici quelques explications.

Autrefois, les princes du Léon étaient de fiers et puissants seigneurs que la modestie n’embarrassait pas….. Sur leurs armoiries figuraient le lion, roi des animaux, le saumon, roi des poissons, le dragon, roi des reptiles, et le soleil, roi des astres. A la fin du XIVè ou au début du XVè siècle, le seigneur du Léon mourut, ne laissant qu’une fille qui se maria à un membre de la famille de Rohan, lequel prit aussitôt le titre de prince du Léon. Il simplifia les armoiries, ne gardant que le soleil. Et pour que cela se vît de loin, il fit installer sur le fronton de son château de Landerneau un disque doré de près d’un mètre de diamètre.

Plus tard, lorsque Louis XIV choisit le soleil pour symbole de sa puissance, le seigneur du Léon de l’époque, en parfait courtisan, remplaça dans ses armes le soleil par la lune, au grand dam des habitants du lieu qui, moins serviles que leur seigneur, dirent : « Nous avions le soleil de Léon, il ne nous reste plus que la lune de Landerneau ! »

L’explication est belle. Il existe cependant d’autres versions, dont celle-ci, peut-être la plus connue. Un gentilhomme de Landerneau se trouvait à la cour de Louis XIV. Une nuit qu’il se promenait dans les jardins de Versailles avec des amis de sa condition, l’un d’eux lui lança, montrant la lune toute pleine :

-« Regardez, mon cher comte, admirez la beauté de la lune !

Et notre Landernéen, pensant au disque en métal argenté situé tout en haut du clocher de l’église Saint-Houardon de Landerneau et qui figurait la lune, répondit ingénument :

- Vous n’avez pas vu celle de Landerneau ! Elle est plus grande et plus belle !….. »

Cette réponse inattendue surprit les courtisans, toujours prêts à se moquer. Ils se répandirent en plaisanteries malveillantes sur la naïveté du comte du Léon. C’est ainsi que "la lune de Landerneau" passa à la postérité !

Voici une troisième version. Autrefois, La ville de Lesneven possédait une juridiction royale, tandis que Landerneau n’avait qu’une juridiction seigneuriale, nettement moins importante. Les gens comparaient la justice de Lesneven à l’éclat du soleil, et par opposition celle de Landerneau à la lueur pâlotte de la lune. On prit l’habitude de dire : « Quand on se rend de Landerneau à Lesneven, on a le soleil en face et la lune derrière soi. »

Légende ? Réalité ? Il y a certainement un peu de vrai dans tout cela ! Qui peut le dire avec certitude ?

(A plus...)

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 07:36

 

Enfin... voici la suite de l'histoire dont vous avez pu lire le début il y a... un moment. L'ordinateur est réinstallé, tout fonctionne...

 

Le diable riait de plaisir.

- Ils s'étonnent après cela de n'aboutir à rien de positivement concret : c'est le contraire qui serait étonnant ! Ils tâtonnent comme des néophytes, ils n'osent pas prendre les décisions que tout le monde attend : magnifique ! Les électeurs n'y comprennent plus rien. Ils sont désabusés, découragés, et la plupart ne se déplacent même plus pour voter. Quel beau spectacle ! Et au lieu de stigmatiser une telle attitude, on appelle ces gens qui se mettent hors jeu, les abstentionnistes, "le premier parti de France" ! De quoi les rendre fiers ! Je me régale ! C'est vrai, j'ai semé le vent, je récolte la tempête. Le résultat dépasse mes espérances. C'est la pagaille, du sommet à la base. Et personne n'est fautif ! Personne ! Chacun a sa solution mais n'ose pas l'appliquer de peur de déplaire, car leur seul but est d'être réélu. L'intérêt général......... personne ne s'en soucie ! On tire à hue, on tire à dia, le char de l'Etat s'enlise dans des affaires bourbeuses. L'argent dirige le monde. Ah ! Je l'avais bien dit : tout se vend mais tout s'achète ! Et moi le diable, je tire les ficelles, je mène la danse, j'orchestre cette magnifique cacophonie. Lorsque les gens en auront bien assez, tout va exploser, je n'aurai plus qu'à ramasser les morceaux !

Le diable aurait bien fait une pirouette de plaisir s'il avait pu. Il n'avait plus qu'à surveiller du coin de l'œil la suite des événements.

- J'aimerais bien changer un peu maintenant. Acte deux : un journaliste !

Il s'introduisit dans un journaliste de télévision avec la même facilité. On est le diable ou on ne l'est pas ! Il put ainsi au bout de quelques jours se rendre compte de leur rôle ambigu. Il était ravi ! Lorsqu'ils invitaient un homme politique pour le questionner, ils le mettaient d'abord mal à l'aise en lui rappelant des comportements dont l'invité n'était pas très fier et qu'il s'efforçait d'oublier, puis le déstabilisaient par des questions insidieuses, faussement naïves. C'est comme si vous parsemiez le sol de votre maison de peaux de bananes avant d'accueillir un hôte ! Le diable jubilait. Leurs commentaires ne relevaient que les éléments de discorde, leur attitude était polémique, négative. C'était le règne de la petite phrase assassine qui, sortie de son contexte, n'a plus le même sens.

- En ne soulignant que le mauvais côté des choses, ils ne se rendent pas compte, les sots, qu'ils agissent finalement pour moi..... mais contre eux..... et contre tout le pays. Ils adoptent une attitude narquoise, ironique. Il ont l'air de se moquer de tout le monde, de leurs invités mais aussi des téléspectateurs qui veulent être informés, pas déformés. Ils discréditent le monde politique. A qui cela profite-t-il ? A moi ! fit-il avec un énorme rire diabolique......Ils démolissent et personne ne s'en rend compte. Mais.... Tous ne sont pas aussi démoniaques ! Certains sont trop gentils, pas assez agressifs ! Il va falloir y mettre bon ordre !

Le diable se glissa ensuite dans un patron de télévision. Il put constater avec plaisir la dégradation de la qualité des programmes. La violence était omniprésente, le sexe, roi. Le sang coulait sur toutes les chaînes.

- J'ai réalisé une belle affaire lorsque j'ai introduit l'argent ! fit le diable. Voilà des siècles que cela dure, et ça marche de mieux en mieux. Les hommes sont presque aussi forts que moi....pas tout à fait quand même, puisque c'est moi qui conduis le bal. Il y a quelques années, les bonnes émissions étaient monnaie courante...... Décidément, je ne peux pas m'empêcher de parler d'argent ! La télévision instruisait en distrayant. Quelle horreur ! Maintenant, elle n'instruit plus, elle distrait encore moins, mais elle rapporte ! J'ai introduit ce qu'ils appellent "l'audimat" : quelle merveilleuse chose ! Pour qu'une émission dure, il n'est point besoin qu'elle soit de qualité. C'est un mot qui a disparu du langage de ces gens. Non, il suffit qu'elle produise des bénéfices. Pour cela, ils ont redécouvert la publicité pour lui donner une importance capitale. Tout est découpé en séquences publicitaires où l'on vante les mérites de tel ou tel produit. D'ailleurs, c'est plutôt la publicité qui est interrompue parfois par des morceaux de films ou d'émissions diverses. Peu importe la qualité de la marchandise, ce n'est pas le problème. Ces minutes, que dis-je, ces secondes d'antenne sont payées plus cher que le film qui leur sert de support. Les chaînes se livrent un combat sans merci où tous les coups sont permis sous le couvert de la concurrence. Elles ont créé les "parts de marché".........Quelle expression bizarre ! On veut toujours avoir l'air de s'excuser. Qu'on dise franchement "course au profit", c'est plus clair, tout le monde comprendra. Et comme chacun court après l'argent, personne n'y trouvera rien à redire !

Le diable se sentit un peu fatigué.

- Il va être temps que je rentre, fit-il en s'étirant. Quand je suis absent trop longtemps, les diablotins n'en font qu'à leur aise ! De toutes façons, tout marche bien ici. Je n'ai qu'à laisser les choses se faire toutes seules.....Laissons la machine s'écraser contre le mur. Il y aura bien quelques miettes pour moi.... et peut-être plus !

A ce moment le ciel se déchira soudain; une voix énorme et majestueuse sortit des nuages.

- Alors, Prince des Ténèbres, on arrange les choses à sa façon ? On complote dans mon dos ? On croit que c'est arrivé ? Et moi je resterais les bras croisés sans intervenir ? Tu me connais mal, Lucifer ! Oui, les Hommes sont parfois mauvais. J'en sais quelque chose, c'est moi qui les ai créés. Mais il suffit qu'il subsiste dans le cœur d'un seul un grain d'espérance, une parcelle d'espoir, pour que la machine se redresse au dernier moment. L'espoir, Esprit du mal, n'oublie jamais l'espoir ! »……

En retrouvant ses flammes, Satan se demandait bien ce que signifiait ce mot : l'espoir n'existe pas en enfer ! Mais il sentait confusément qu'il avait encore été berné par plus fort que lui…….

(A plus...)

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 15:41

Vous patientez toujours ? C'est bien... Je vous encourage à continuer... Dans une semaine, je l'espère, je pourrai réinstaller tout le matériel et reprendre mes activités blogeuses...(ou bloguistes ?... ou bloguantes ?... ou...bloguenardes... )

 En attendant, vous pouvez toujours relire les premiers articles... Je suis sûr que vous n'avez pas bien lu... Certains m'avaient dit que certains textes étaient trop  longs... Eh bien,justement, vous avez le temps de les reprendre, d'en bien saisir la substantifique moelle... bref, de bien déguster !

Alors, bonne dégustation !

A plus...

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 11:47

Nous sommes actuellement en travaux. De ce fait, le PC et ses accessoires ont été rangés. Je suis sur mon portable qui est limité.

Vous devrez donc attendre un peu... (une quinzaine de jours...) pour connaître  la suite des aventures palpitantes que vous découvrez régulièrement sur mon blog.

Et si cela vous contrarie, cela signifie que vous appréciez... et êtes fort marris de ne point pouvoir continuer à lire ma prose...

A plus donc... Vous ne l'apprécierez que mieux ! ! !

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 08:49

 

Passons maintenant aux choses sérieuses...Voici un texte que j'ai écrit il y a une quinzaine d'années, toujours d'actualité...

     

  (Vous croyez que c'est possible ?... Diable !...)

 

Un jour le diable décida de redescendre sur la Terre en inspection. Cela faisait bien longtemps qu'il n'y avait mis les pieds ! Son dernier interlocuteur terrestre était un certain docteur Faust... Il venait d'y envoyer ses diablotins qui lui avaient rendu compte de la situation : elle se dégradait à tous les niveaux…..ce qui n’était pas pour lui déplaire. Il pensa qu'ils exagéraient et voulut voir par lui-même. C'était trop beau pour être vrai.

Il laissa ses pattes de bouc, ses sabots fourchus, son front cornu. Il revêtit un costume du meilleur goût, pochette au vent, canne à pommeau d'ivoire, chaussa des escarpins vernis et se coiffa d'un feutre taupé. Il avait vraiment l'air d'un beau diable.

- « C'est trop, se dit-il. Ce n'est pas le meilleur moyen de passer inaperçu !

Il enfila donc des vêtements plus grossiers : pantalon de velours côtelé, veste de gros drap, casquette paysanne et chaussures rustiques. Il avait l'air d'un pauvre diable.

- Ça ne va pas non plus ! fit-il en se regardant dans un miroir aux alouettes.

Il s'assit sur une grosse braise bien rougeoyante et ferma les yeux pour mieux réfléchir.

- Je ne veux pas être remarqué, cela fausserait tout. Je désire me fondre dans le genre humain........Me fondre comme un tison bien rouge dans des flammes torrides .... Voilà la solution : je vais prendre l'apparence d'une personne quelconque. Ainsi je pourrai tout voir.... sans être vu. Voyons, qui vais-je choisir ? Un acteur de cinéma ? Non, le milieu qu'ils fréquentent est trop réduit. Un écrivain ? Hé ! Hé ! Je pourrais influencer ses écrits…... Mais c'est risqué : les écrits restent. On pourrait soupçonner quelque chose. Un journaliste ? Pourquoi pas ! Il paraît qu'ils s'octroient une place de plus en plus importante. Il faut les observer à la télévision : ils se prennent pour les vraies vedettes. Il savent au bon moment souffler sur les braises pour ranimer un débat qui ronronne en lançant une pique à l’un ou à l’autre, et n'ont pas leur pareil pour donner mauvaise conscience à leur interlocuteur. J'aime cela ! Les jeteurs d’huile sur le feu, j'adore !

En prononçant ces mots, ses yeux ressemblaient plus à des braises chauffées à blanc qu’à des boules de loto……Il continua donc.

- Mais je préférerais dans un premier temps quelqu’un qui soit dans les affaires, sans y être, qui participe aux décisions sans engager sa parole, qui soit responsable, mais pas coupable en quelque sorte....quelqu'un qui veut mais ne peut pas, ou peut mais ne veut pas....un individu dont la bonne volonté apparente ne doit pas être mise en doute, qui avance d'un pas en reculant de deux...... un personnage public, qui renaît de ses cendres tel l'oiseau Phénix chaque fois qu'on le croit fini.....J’ai trouvé : il n'existe qu'une personne qui réponde à cette description : l'homme politique bien sûr ! Il sera si j'ose dire une cachette idéale..... Il ne me reste plus qu'à en trouver un; ce ne doit pas être difficile, je n'ai que l'embarras du choix ! Allons, au travail !

Le lendemain matin, vers 6 heures, le diable se glissa avec volupté dans la peau d'un député peu connu de la majorité, un de ceux qui votent comme son parti le demande sans se poser de questions. Là, bien au chaud, il attendit que le réveil sonne. A l'heure dite, Monsieur le député se leva, s'habilla, et après s'être restauré rapidement, sortit de son appartement pour se rendre à la Chambre, sans rien remarquer.

- Intéressant, nota le diable : ils passent la nuit dans une chambre, et la journée dans une autre.... Le costume n'est pas le même... Bon ! Voyons la suite.

On était en pleine session parlementaire. Le diable participa aux débats, par personne interposée bien sûr ! Personne ne nota rien de particulier dans le comportement du député. Le diable savait se faire oublier, il était là pour observer, pas pour agir. Pour le moment ! Au bout de quinze jours, il connaissait toutes les vicissitudes de la vie politique.

- C'est simple, se dit-il : tout est faux : faux-semblants, faux fuyants, fausses promesses, fausses factures, faux airs, faux accords, faux problèmes, fausses déclarations, faux passeports, faux frais, faux frères, faux programmes, et même parfois faux électeurs………Quand ils prennent la peine de se déplacer, les gens votent n’importe comment. Ils votent pour l'un parce qu'ils ne veulent surtout pas voter pour l'autre...... Quel embrouillamini ! Et nos braves députés acceptent ces voix qui ne leur étaient pas destinées…..en s’en vantant ! Je me demande ce que je pourrais bien leur apprendre de plus ! Les uns semblent s'entendre et se font des sourires convenus, en réalité ils se détestent. Les autres ne défendent qu'un seul intérêt : le leur. Telles formations paraissent s'accorder sur tous les points, en fait elles divergent complètement. Ils ne s'entendent parfois pas du tout à l'intérieur du même parti ! Comment s’appelle donc leur chanson préférée ?…..Ah oui ! "Je t’aime, moi non plus !"……Tout cela est parfait, je dirais même diaboliquement parfait !……

(à suivre...)

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 07:59

A la demande générale, voici la fameuse dictée dont je vous ai parlé... Vous l'aurez voulu !

 

 

Dictée à proposer (sans illusion) à ceux qui sont fâchés avec l'orthographe…..

 

La nouvelle courut comme une traînée de poudre ce matin-là : il a encore sévi ! De qui pouvait-il bien s'agir ? Du vampire de Düsseldorf ? De Jack l'éventreur ? Que nenni ! Le nom dont chacun voulait bien libérer sa conscience par une réaction cathartique, mais n'osait articuler les quatre syllabes, était Bernard Pivot.

Cet aimable dilettante au professionnalisme sous-jacent, à la bonhomie désarmante, avait pris l'habitude chaque année, flanqué d'acolytes stipendiés, de concocter des dictées pleines de paradigmes abscons, de morphèmes abstrus, d'accords subtils, de phrasés arachnéens et d'amuïssements captieux, dans lesquels il se vautrait avec concupiscence comme dans le lucre ou le stupre, tel Sardanapale ou Caligula. Il lisait cette phraséologie savamment redondante d'une voix melliflue, avec un air paterne (mais austère), voire patelin, devant un parterre d'érudits émérites et de béjaunes ignares qui feignaient de tomber en catalepsie à chaque incongruité langagière. Auraient-ils voulu le faire qu'ils eussent perdu la face devant des compétiteurs prêts à leur tailler des croupières à chaque détour de monème.

(fin de la dictée pour les élèves de CP)

Désigné au début sous l'appellation gentillette de "dictée de Pivot", bien qu'il n'en fût pas l'auteur entièrement, le salmigondis orthographique s'appelait maintenant "les Dicos d'or", et allait prendre place dans le cœur des Français entre les Césars du cinéma et les Sept d'or de la télévision, quoique le nom prêtât à confusion. Pour certaines oreilles jobardes en effet, les Dicos d'or pouvaient faire penser aux dinosaures, tyrannosaures, et autres lézards géants de l’ère secondaire.

Ce dimanche matin donc, on s'aperçut que le galimatias amphigourique habituellement déversé sur les ondes nationales dans le cadre somptueux que s'étaient choisi les organisateurs n'était pas cette fois-ci totalement dénué de sens et chacun se répétait à l'envi les formules à l'emporte-pièce du texte, les idiotismes mâtinés de latin, les tropes polis pour être au net, les métaphores sibyllines, regrettant l'un un empêchement rédhibitoire, l'autre des impedimenta imprévisibles, qui les avaient empêchés, disaient-ils, de participer à ces festivités qu'ils savaient pourtant récurrentes.

Eussent-ils pu le faire, combien de fois n'auraient-ils point fauté devant toutes ces difficultés accumulées comme autant de peaux de bananes glissées sous leurs pas incertains ? Il fallait bien qu'ils se fissent une raison : cette épreuve n'était pas pour eux. Maudissant le nom abhorré et le vouant in petto aux gémonies, ils se dispersèrent sans bruit et rentrèrent au bercail regarder Dorothée* à la télévision.

 

 

 

*Ce texte datant de quelques années, on pourra remplacer Dorothée, totalement inconnue actuellement (excuse-moi Dorothée, mais c’est ainsi…..) par l’animateur (trice ?…) de son choix.

 

(Voilà une dictée dans laquelle Mérimée soi-même aurait fait moultes fautes ! C’est normal : il ne connaissait pas Pivot !…)

(Je vous aurais prévenus !... A plus...)

 

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 09:37

 

En décembre 1993, un jeu intellectuel passionna les Français. Il s'agissait des "Dicos d'Or", dictée préparée avec amour par Bernard Pivot. Cette année-là, le cadre prestigieux de l'Assemblée Nationale lui donnait ses lettres de noblesse. Maints érudits amoureux du mot juste et bien écrit s'y livraient à des joutes acharnées sur l'autel de Sa Majesté l'orthographe. Le vainqueur était celui qui avait fauté le moins souvent. Cette expérience ayant reçu le succès qu’elle méritait, fut renouvelée.

L'œil brillant du co-auteur de ce texte, maître éphémère des lieux, jouant à l'instituteur, poussant même le mimétisme jusqu’à s’affubler d’une blouse grise du plus bel effet, ravi à juste titre d'ailleurs de ses trouvailles et éprouvant visiblement une satisfaction profonde à la lecture de ses pièges savamment placés aux endroits stratégiques, me donna l'envie de m'amuser aussi. N’en avais-je pas le droit ?…. N’étais-je pas capable moi aussi de composer une dictée ?

Armé donc d'un crayon, je m'escrimai devant une feuille blanche, bretteur pacifique, prêt à clouer au pilori les contresens, barbarismes, solécismes et autres impropriétés de langage.

La rédaction du texte me prit quelques jours. Je l'intitulai "Les Dicodaures", faisant par là un léger clin d'œil à l'actualité de l'ère secondaire dont les écrans étaient alors pleins. Je tiens d’ailleurs ce texte à la disposition de ceux qui pensent que je raconte des histoires…..enfin je veux dire, que j’extravague… Je vous préviens : c’est très difficile !……

Satisfait de ma composition, je songeai à l'envoyer au Maître Bernard Pivot, Il allait certainement la trouver à son goût puisque étant en veine, j'avais utilisé le même filon que lui. Mais il me fallait la tester sur un échantillon représentatif de la société française. Je dressai rapidement une liste significative de personnes à qui je proposerai mon œuvre. Le dernier prix du livre de chevet y côtoyait un crémier de Roquefort. Le ministre des Arts et Lettres y coudoyait un pâtre du Queyras. Le président des chasseurs de palombes figurait à côté d'un armurier de Vesoul (ce n’était qu’une coïncidence…..). La liste comportait ainsi quarante-trois noms, tous aussi disparates que caractéristiques. Elle avait fière allure !

Mais comment pourrais-je réunir tous ces gens de ma propre initiative ? Quelle réaction auraient-ils en recevant cette lettre :

" Monsieur,

Je vous ai choisi pour servir de cobaye dans le cadre d'une expérience que j'entends mener à bien. Il vous suffira, après m'avoir rejoint, d'écrire ce que je vous dicterai, et je noterai le nombre de fautes que vous aurez faites……"

Le procédé me sembla un peu cavalier. Ces gens allaient penser que j’étais fou ! Il me fallait pourtant observer l'impact de mon texte sur quelqu'un. Une idée lumineuse germa alors dans mon esprit. Qui, mieux que moi, pouvait juger de la difficulté de ma dictée ? Je vous le demande ? N’étais-je pas le cow-boy…..je veux dire le cobaye idéal ?

Je décidai donc de me dicter le texte à moi-même.

Je m'installai à une table, tenant le feuillet dactylographié de la main gauche. Je le lisais lentement, en prenant bien soin d'articuler correctement les mots, et j'écrivais de la main droite, puisque la suis droitier. J'eusse fait le contraire si j'avais été gaucher.

Après avoir dicté lentement le texte et relu une fois à haute voix, je posai le feuillet et entrepris de partir à la recherche des fautes cachées.

Au bout de trois minutes, je me rendis ma copie et engageai la correction. Je n'eus pas besoin de consulter l'original. Pensez donc ! Je le connaissais suffisamment !

Là, vous n’allez pas me croire. Mais je vous assure que c’est vrai : je ne fis aucune faute !.….Vous avez bien lu : zéro faute !….Je me félicitai chaudement. Je me savais bon en orthographe, mais quand même !……

Combien en auriez-vous fait à ma place ? Ne répondez pas sans réfléchir. Mais attention ! Dans les mêmes conditions de sérieux que moi, sinon l'expérience n'aurait aucune valeur.

Je pensais néanmoins qu'une autre personne devait se confronter au texte pour la crédibilité de l'expérience. J'invitai donc mon médecin à venir prendre l'apéritif un soir, et sans en avoir l'air, je lui proposai la dictée d'un texte qui me semblait intéressant. Ne se doutant de rien, Il sortit son carnet d'ordonnances et écrivit sous ma dictée, en me jetant de temps en temps des regards incrédules. Lorsque je lui eus donné le nom de l'auteur, mon médecin traitant me traita ... de maniaque de la langue. Pour un médecin, c'était un assez bon diagnostic.

Quand il fut parti, j'entrepris de corriger sa dictée, mais je fus incapable d'en lire trois lignes à la suite, tant son écriture était illisible au profane que je suis.

Je portai ce texte au pharmacien afin qu'il la décrypte et que je puisse effectuer la correction. Chacun sait que les pharmaciens sont des spécialistes du déchiffrage des hiéroglyphes médicales.

- Je repasserai demain, dis-je en sortant.

Le lendemain, je me rendis à l'officine, curieux de pouvoir lire le texte en clair. Le pharmacien me remit un grand sac rempli de médicaments en me déclarant :

- Prenez toujours cela. Je n'ai pas pu tout comprendre dans l'ordonnance que vous m'avez remise hier, mais vous pourrez déjà commencer le traitement. »

Je n'ai toujours pas commencé le traitement, et je crois que Bernard Pivot attendra encore un peu que je me soigne pour faire la connaissance des dicodaures, car je ne me sens pas très bien ........

 

(A plus...)

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 08:12

 

 

`"Parler pour ne rien dire et ne rien dire pour parler sont les deux principes fondamentaux de ceux qui feraient mieux de la fermer avant de l'ouvrir !"

(Pierre Dac)

 

 

Posant le journal qu'il venait de parcourir, Monsieur Lamerluche se carra dans son fauteuil, saisit son verre et laissa tomber … ces mots :

- « C'est le début de la fin...

- Attention, répondit Monsieur Latanche qui lisait en face de lui, c'est le début de la fin ou la fin du début ?

- Je ne vois pas la différence. C’est du pareil au même !

- Vous trouvez ? Pour vous, la fin et le début, c'est la même chose ?

- Je n'ai pas dit ça. Je sais distinguer ces deux mots. Mais, le début de la fin, et la fin du début, c'est bonnet blanc et blanc bonnet. C'est toujours la fin, F.I.N. comme disait l'oncle dont j’ai oublié le nom à l’article de la mort.

- Vraiment, votre intelligence se termine là où commence la mienne ! Vous faites erreur. Quand je dis : c'est le début de la fin, c'est la fin et j'en suis au début. Tandis que lorsque je lance : c'est la fin du début, je suis au début et j'en arrive à la fin. Vous saisissez ?

- Je suis surtout saisi … de stupeur devant votre raisonnement. Pour tout dire, je comprends mal le début et je n'en vois pas la fin.

- Le début est au commencement.

- Cela s'entend : je ne suis pas un débutant !

- Je vais essayer d'être plus clair. Commençons par la fin afin de mieux remonter au début.

- Je préfèrerais descendre...

- Vous finirez par des cendres... Mais ce n'est pas encore le propos. Remontons donc au début.

- Allons-y, et pour nous aider... Garçon, cria Monsieur Lamerluche, deux blancs secs pour nous remonter !

- Voilà : pour pouvoir terminer, il a bien fallu que je commence ! Il n'y a jamais de fin sans début, tandis que l'inverse est possible : tant de gens commencent quelque chose et ne le finissent jamais ! On comprend donc mieux le début en partant de la fin, on sait toujours où cela commence, rarement où cela finit.

- Je crois que je vous comprends : ainsi, je sens que ça commence à me fatiguer... C'est l'évidence. Comment cela va-t-il se terminer ? C'est difficile de le dire...

- Oh ! Vous savez, moi, ce que j'en disais...

- Au fond, vous parlez pour ne rien dire. Au début, on vous écoute. A la fin...

- A la fin du début... ou au début de la fin ?

- Vous n'allez pas recommencer ? Vous allez finir par m'indisposer réellement.

- Allez, je clos le chapitre: on pourrait continuer ainsi sans fin... A votre bonne santé !

- A la vôtre !

- Ce sera le mot de la fin ! »

 

(à plus...)

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Published by Gerard Nedellec
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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 08:12

Après une pause pascale que vous avez certainement mise à profit pour vous vider les méninges, voici d'autres histoires extraites du livre qui ne sera pas édité et dont vous avez ainsi la primeur... "Histoires abracadabrantes"...

Je commence par une histoire à dormir debout (ou a veiller couché, au choix...)que vous devrez lire lentement pour en sentir toutes les subtilités...

 

 

 

 

Les treize coups de minuit venaient de retentir au clocher de l'église Ste Nitouche dans la banlieue ouest de Crépinon les Berzinette. Un homme vêtu d'un imperméable bleu mastic, le visage dissimulé derrière un éventail andalou que lui avait donné sa maman, sortit d'une marquise, et partit vers la gauche en rasant les murs d'une façon adroite. Il se retournait fréquemment pour voir s'il n'était pas suivi. N'étant guère épais, comme aurait dit Tolstoï, un écrivain russe bien connu, il se confondait avec la muraille. Il faisait nuit noire, la lune s'étant éclipsée. Une nouvelle lune la remplaçait, mais étant débutante dans le quartier, elle était partie acheter des croissants chez Jean de la lune. C'était donc l'obscurité quasi totale, dans laquelle les lumignons que le service des eaux avait fait installer sur les cheminées d'usines jetaient une lueur blafarde.

L'homme se mit à tousser, mais n'ayant pas les moyens de s'offrir une quinte de toux, il ne fut pris que d'une tierce : elle dure moins longtemps qu'une quinte mais coûte bien moins cher. Son éventail glissa de sa main et l'on put entrevoir sa face. Il avait un visage en lame de couteau, si maigre que sa barbe en faisait trois fois le tour. Ses yeux apeurés roulaient comme des boules de loto, sa mâchoire maritime (certains s'entêtent encore à l'appeler la mâchoire inférieure) était agitée de soubresauts spasmodiques et manquait de se décrocher à chaque pas. Ne voulant pas voir sa mâchoire choir, il la maintint et la toux cessa. La pluie aussi d'ailleurs, alors qu'il arrivait au carrefour. Il s'arrêta, semblant se demander quel chemin prendre. L'éventail qu'il avait replacé devant sa figure l'empêchait de voir. Cela n'avait d'ailleurs aucune importance, car comme nous l'avons dit, la nuit était opaque, bien que nous fussions à Noël.

Devant lui pourtant, les rues étaient désertes : à minuit on trouve moins de promeneurs qu'à midi. Il s'engagea dans la ruelle de droite, une voie sans issue mais il l'ignorait. Il rasait toujours le mur bordant le trottoir de droite, et avançait droit devant lui dans les ténèbres, guidé par ces pierres rassurantes. Arrivé au fond de la ruelle, là où elle s'arrête pour laisser la place à un grand grillage, il le suivit et se retrouva sur le trottoir de gauche, mais dans l'autre sens. Il revint donc au carrefour, toujours suivant le mur qui bordait aussi ce trottoir sur sa droite. Il s'arrêta soudain pour vérifier sa montre : elle s'était arrêtée. Comme il avait continué sa route, il l'avait donc perdue. Comment la retrouver dans cette noirceur ? C'était fâcheux car il avait rendez-vous avec la chance dans la matinée.

Il obliqua sur la droite et poursuivit son rasage de murs. Il glissait plus qu'il ne marchait, collé à la muraille dans la crainte d'être aperçu. Le boulevard sur lequel il avançait maintenant était très long. Il s'enfonça dans la nuit, on le perdit bientôt de vue et jamais personne n'entendit plus parler de lui ni de son éventail andalou.

(A plus...)

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