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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 08:44

 

On allait autrefois au cinéma dans des salles au confort spartiate... mais avec une ambiance comme on n'en rencontre plus de nos jours... Nos oreilles sont grandement exposées... nos yeux sans cesse sollicités...  Pour le reste... Voici une page d'Histoire : le cinéma de papa... ou de papy...

 

 

On va paraît-il de moins en moins au cinéma……C’est la faute de la télévision ! N’a-t-on pas chanté voici quelques années : “ La télévision, c’est du cinéma, c’est du cinéma, que l’on voit chez soi… ” ?…Et puis, chez soi, on peut baisser le son pour ne pas devenir sourd….ce que l’on ne peut faire dans une salle. Autrefois….Ah ! Autrefois !….La télé n’existait pas. On se rendait en famille au cinéma pour admirer Charles Boyer, Pierre Blanchard, Harry Baur, Pierre-Richard Wilm, Annabella, Mireille Balin….(comment cela, vous ne connaissez pas ces acteurs !….Je n’ai pourtant cité que les plus célèbres….de l’époque !….)

Dans cette petite ville du bocage normand, la salle de cinéma se trouve au-dessus de la salle des fêtes, à côté de la mairie. Les sièges sont en bois et donc d’un confort rustique. Mais on ne vient pas au cinéma pour le confort ! On vient surtout pour un moment d’évasion, quel que soit le film. On vient rêver un peu….Le cinéma est encore un spectacle de distraction un peu mystérieux. Les films n’ont d’autre but que celui de vous divertir et de vous faire oublier vos ennuis. Pas encore de films à thèmes…ou rarement….qui vous font réfléchir pendant deux heures et vous renvoient dehors avec un bon mal de crâne….Non ! De braves films honnêtes, qui vous amusent ou vous émeuvent.

La salle est partagée en deux : les meilleures places sont situées au fond car on ne voit bien ce qui est projeté sur l’écran qu’avec un peu de recul, contrairement au théâtre. Elles sont aussi un peu plus chères. Les familles modestes se retrouvent donc à l’avant, le nez pratiquement sur l’écran.

Ce jour-là, on projetait un film visible par tous. La salle était pleine, les enfants nombreux. Comme cela se pratiquait alors, le film était précédé d’un documentaire, puis des actualités. Suivait un entracte où l’ouvreuse se transformait en marchande de bonbons (puis plus tard de bâtonnets glacés).

Le documentaire consistait en un reportage sur une réserve africaine. On y voyait des animaux réputés féroces évoluant en toute liberté. Les spectateurs qui se trouvaient devant l’écran avaient une vision agrandie et déformée. Les lions paraissaient énormes, les gazelles semblaient vouloir percer l’écran. Ouvrant grands leurs yeux, les enfants ne perdaient pas une miette du spectacle. Une musique bucolique soulignait les principaux moments tandis que la voix impersonnelle du commentateur distillait des généralités.

Soudain, on vit au loin un troupeau d’éléphants. La masse compacte des pachydermes s’ébranla et se dirigea droit sur l’opérateur qui filmait la scène, comme pour le charger. Sur l’écran, la horde sauvage se rapprochait dans un nuage de poussière. L’image grandissait de plus en plus dans un grondement terrifiant. Pétrifiés sur leur siège, les spectateurs avaient l’impression que le troupeau fonçait sur eux.

Soudain, alors que la musique s’était tue pour laisser entendre le sourd piétinement, une petite voix apeurée se fit entendre :

- “ Dis maman, vont-ti v’nir là les grosses bêtes ? ”………


(à plus...)

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Published by Gerard Nedellec
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