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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 11:57

 

 

 

Il y a quelques décennies, la traite des vaches s'effectuait à la main, chaque trayeuse s'assoyant à côté de sa vache sur un trépied en bois. Et que je te triture les pis jusqu'à ce que le lait mousseux gicle dans le seau. Cette opération s'effectuait deux fois par jour : le matin et le soir. Elle demandait... un certain temps, selon le nombre des vaches et celui des trayeuses. C'était surtout une contrainte... et bien de fermiers l'ont connue.

Et puis sont arrivées les machines à traire. Progrès certes puisque la machine faisait le travail. Il suffisait que la vache se place au bon endroit, en l'y aidant parfois, que le fermier (ou la fermière ) ajuste les gobelets trayeurs aux pis, non sans les avoir auparavant nettoyés. La machine faisait le reste. Il suffisait ensuite d'enlever les gobelets, de les nettoyer avant de recevoir la cliente suivante...

Ce procédé nécessitait toujours la présence d'une personne.

Évidemment, direz-vous... les vaches ne vont quand même pas se traire toutes seules !...

Eh bien, avec le robot de traite, si ! ! !

Imaginez des vaches dans un endroit genre stabulation libre, qui vaquent librement à leurs occupations habituelles... des occupations de vaches évidemment... Et puis tout d'un coup l'une d'elle se dit : et si j'allais me faire traire ?

Elle se dirige alors vers le lieu où la chose se passe et s'installe. Des petites brosses nettoient les pis, puis les gobelets trayeurs viennent se placer tout seuls et en avant pour la traite ! Quand c'est fini, la vache sort (dignement...) et a le choix entre rester dans la stabulation ou aller dehors...

Utopie ? Imagination fertile ? Rêverie ?... Pas du tout ! Ce que je viens de vous raconter, je l'ai vu (de mes yeux... suivant la formule consacrée...) dans une ferme ornaise, à Moncy exactement, chez des cousins : l' EARL Hatteville.

 

 

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Il faut dire que ce système date d'une vingtaine d'années. Il a mis un peu de temps à se développer, et l'accélération est nette surtout depuis les années 2000. Actuellement, on estime qu'environ 2800 exploitations sont équipées d'au moins un robot de traite, parfois deux et plus rarement trois. Cela représente au total environ 3500 robots sur le marché français (environ 4% des élevages laitiers français) (sources : Institut de l'élevage).

Voir fonctionner ce système est stupéfiant. Les vaches viennent se faire traire à leur convenance. Plus besoin de personne pour placer les gobelets... Le fermier peut aller se promener...

 

 

DSC08734.JPG

Pas exactement quand même... car il a autre chose à faire... mais il n'est plus tenu de rester présent à la traite. Et si un problème se présente, il en est immédiatement informé sur son portable.

Il faut dire que tout est informatisé. Chaque vache porte un collier dans lequel sont gardées toutes les données la concernant. Lorsqu'elle se présente à la traite, la machine connaît tout d'elle : combien de lait elle donne habituellement, si elle a eu des veaux, si elle est déjà venue se faire traire il y a peu de temps. Dans ce cas bien entendu, inutile de recommencer. La machine lui envoie alors une petite décharge électrique au bout d'une trentaine de secondes pour la faire partir. On prétend que les vaches sont bêtes... Eh bien elles attendent de partir juste avant le petit rappel à l'ordre... Alors, revoyez votre jugement...

Bien entendu, au début, il faut habituer les vaches à ce nouveau procédé. Cette mise en route demande environ une semaine, mais les vaches apprennent vite, d'autant plus qu'au bout du compte il y a la carotte... je veux dire le foin qui les récompense....

Ce système rend le travail moins pénible et moins répétitif, donne plus de temps libre.

Dans la stabulation, la circulation des animaux est dirigée : ils suivent un circuit imposé à l'aide de barrières automatiques qui ne s'ouvrent que dans un sens, avec une aire d'alimentation, une aire d'attente, une aire de couchage, une aire de tri.

 

 

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Évidemment tout cela a un coût... Dans le cas qui nous intéresse (EARL Hatteville), il y a environ entre 60 et 70 vaches. Plus d'animaux nécessiterait un second robot.

Le robot coûte 150 000 euros hors taxes soit 180 000 euros taxes comprises. Il faut compter en plus la maintenance. En effet, si un problème sérieux se présente, le fermier appelle la maintenance de sa marque (ici c'est un robot hollandais Lely ; il y a d'autres marques, notamment le français Delaval). Comptez donc 6 000 euros en plus pour la maintenance.

En conclusion, on peut dire que le robot est l'avenir d'une partie de la production laitière française, mais aussi occidentale. On peut penser que si le robot se développe, le prix baissera, ce qui permettra à un plus grand nombre de profiter de ses avantages indéniables...

 Allez, à plus...

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Published by Gerard Nedellec
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