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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 07:38

 

Qu'on se rassure... Elle ne voulait pas le tuer vraiment... mais laissez-moi vous conter l'anecdote.

Julie Lebœuf est née à Saumur vers de 1840. C'était ce qu'on appelait une lorette, une femme entretenue comme on disait à l'époque. Elle commença sa « carrière » à Nantes parmi les gandins de Loire-Inférieure et monta à Paris où elle gravit « les échelons de la galanterie ». Bien évidemment elle avait changé son nom trop « peuple » pour celui de Marguerite Bellanger. Elle venait en fiacre aguicher les officiers de l'école militaire, ce qui représente un progrès certain... On la surnommait « Margot la rigoleuse »...

L'empereur la croisa en forêt de Fontainebleau. Il conduisait son phaéton, elle était à cheval. Il lui trouva « beaucoup de grâce »...

Depuis son mariage avec Eugénie, Napoléon III avait eu beaucoup d'aventures. Il faut dire que l'impératrice était « froide de corps, sinon de cœur ». Elle considérait l'amour comme une « saleté ». On comprend qu'il ait voulu chercher ailleurs ce qu'il n'avait pas chez lui... Ceci n'excuse pas cela mais permet de le comprendre...

Elle devint évidemment la maîtresse de l'empereur et se voyait déjà « la Montespan impériale » ...

Elle eut un fils... mais comme elle courait plusieurs lièvres à la fois, on ne peut affirmer que le petit Lebœuf ait été un petit Napoléon...

L'empereur aussi... avait plusieurs fers au feu... si je puis dire. Sa santé se dégradait car il brûlait comme on dit couramment « la chandelle par les deux bouts »...

Curieusement, l'impératrice s'en émut. La liaison avec Margot la rigoleuse était la fable de tout Paris, elle était bien renseignée.

Un soir d'août 1864, Napoléon III fut pris d'une syncope. Le lendemain, l'impératrice fit appeler le secrétaire de l'empereur et le pria de l'accompagner en voiture. Elle donna une certaine adresse d'une maison de Montretout, celle de Margot justement... Stupeur du secrétaire qui craignit le pire...

Arrivée, Eugénie descendit, sonna, se fit introduire chez la courtisane qui se reposait sur un divan. A la vue de l'impératrice, elle bondit sur ses jambes, rouge de confusion.

D'une voix méprisante dans laquelle sourdait une froide colère, l'impératrice lança :

-«Mademoiselle, vous tuez l'empereur. »

Puis elle sortit, laissant Margot en larmes...

L'empereur n'en mourra pas... Il continuera...

G N

(Texte paru dans l'almanach du Breton il y a quelques années...)

A plus...

 

 

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Published by Gerard Nedellec
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