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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 08:50

 

 

Marie de Rabutin Chantal épousa en 1644 Henri de Sévigné. Veuve à 25 ans, elle laissera son nom à la postérité par les lettres qu'elle écrira, notamment à sa fille Françoise.

Françoise de Sévigné est née à Paris en 1646. On peut voir le portrait de cette belle femme blonde aux yeux bleus au musée Carnavalet à Paris.

Très vite, Madame de Sévigné s'évertua à placer sa fille au premier rang. Avec succès... Celle que son cousin Bussy appelait « la plus jolie fille de France »... connut entre 17 et 19 ans trois années glorieuses. A cette époque, les ballets de la cour n'étaient pas réservés aux seuls danseurs professionnels. Le roi lui-même se faisait un plaisir d'y participer, accompagné par les plus grands noms du royaume. Françoise eut l'honneur de faire partie des heureux élus. Fin janvier 1663, pour les fêtes du Carnaval, Benserade composa le « Ballet des Arts ». Françoise y apparaissait aux côtés de quatre autres dames ou demoiselles aux noms prestigieux : Henriette d'Angleterre, femme de Monsieur, frère du roi, Françoise-Athénaïs de Mortemart, future Mme de Montespan, Melle de La Vallière, future maîtresse du roi, et Melle de Saint-Simon, future duchesse de Brissac. Françoise de Sévigné était une bergère, comme les autres, le roi un berger.

La gazette du 20 janvier, qui rend compte de ce ballet, parle d'elle en termes flatteurs. « Jeune et brillante, de mine ravissante... » « Ses jolis agréments » ont « charmé » tous les coeurs.

L'année suivante, Françoise de Sévigné fut encore invitée à danser à la cour dans le «  Ballet des Amours déguisés ». Elle retrouvait Mme de Montespan et d'autres demoiselles. Le roi, son frère et d'autres jeunes gentilhommes dansaient également.

Son succès fut tel que l'on n'hésita pas à en faire « un morceau de roi »... c'est à dire déclarer publiquement qu'elle était digne de devenir la maîtresse du roi. Cette situation pour le moins ambiguë ne plaisait pas plus que cela à la marquise sa mère... Cependant les dames de Sévigné semblaient « en faveur » puisqu'elles furent invitées aux « Plaisirs de l'île enchantée » en mai de la même année. Dans l'esprit de Louis XIV, le fait d'être invité à une fête royale devait être considéré comme une immense faveur, même si par la suite on ne s'intéressait plus au personnage...

Pour les fêtes de janvier 1665, Melle de Sévigné participa encore au ballet de Benserade : « La naissance de Vénus », aux côtés du roi. Mais déjà elle était présentée en belle insensible. La séduction des dames de Sévigné avait fait place à leur résistance à l'amour... Le vent tournait. Ce fut la dernière année de gloire de Françoise. Il est possible que c'est la marquise elle-même qui a voulu mettre fin à cette grande faveur car elle ne voulait pas que sa fille devienne la maîtresse du roi, à l'avenir incertain... A moins que... la sympathie qu'elle montrait à Fouquet, arrêté en 1661, ne l'ait rendue suspecte elle aussi.

Il fallait songer à marier Françoise afin de lui donner une place dans le monde. On lui trouva quelques prétendants, mais les choses n'allèrent pas plus loin. Comment « la plus jolie fille de France », de surcroît bien dotée, ne trouvait-elle pas un mari ? C'est que la belle n'y mettait pas beaucoup d'ardeur... Sans doute attendait-elle un mari selon son coeur, son rang et sa beauté... Et pourquoi pas le roi... non comme mari... mais comme amant ? Louise de La Vallière n'intéressait plus guère Louis XIV. Entre les deux Françoise, de Sévigné et de Montespan, toutes deux ses partenaires de ballet, il y avait de quoi hésiter... Mais on connaît le choix du roi... Ce ne fut pas Melle de Sévigné...

Dès lors, il devenait urgent de l'établir... En janvier 1669 un contrat de mariage fut signé entre Françoise Marguerite de Sévigné et François Adhémar de Monteil, comte de Grignan. Le mariage fut célébré peu après. La mariée avait 22 ans, le marié 36.

La nuit de noce ne se passa pas comme prévu... Le comte, qui avait les intestins fragiles, souffrait de coliques... Un auteur satirique en fit une chanson... N'oubliez pas qu'il s'agissait de « la plus jolie fille de France »...

 

« Il n'a pris qu'un rat dans ma gouttière

Le vilain matou, dit Sévigné.

Sans m'amuser, je le laissais faire

Suivant le conseil de ma chère mère.

Hélas ! Ce matou écumant de rage

N'a fait que sentir mon fromage. »

 

Ah ! Qu'en termes galants ces choses-là sont dites...

Mais cette défaillance... passagère et bien excusable... n'empêcha pas le comte d'être un fort bon mari et qui plus est d'avoir avec sa femme six enfants. En effet, c'était le troisième mariage du comte et il voulait s'assurer une descendance... On ne retiendra que la deuxième fille, Pauline, mariée à Louis de Simiane, qui hérita des Grignan.

Si vous passez par Grignan, dans la Drôme provençale, allez visiter le château. C'est là que mourut Mme de Sévigné en 1696.

 

(Texte que j'ai écrit pour  l'almanach du Breton voici quelques années...  A plus...)

 

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Published by Gerard Nedellec
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