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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 09:10

 

 

Le réseau routier français était, sous l’Ancien régime, l’un sinon le meilleur d’Europe. A quel prix !… dirons-nous. Mais on n’a rien sans mal ! La corvée si décriée, l’abominable corvée, “ cet entretien gratuit des routes par le manant ”, était la cause de la belle tenue de ces routes magnifiques que l’Europe nous enviait. Mais la Révolution, dans un élan de justice bien compréhensible, supprimait la corvée comme tous les autres privilèges.

On ne peut qu’applaudir… L’ennui, c’est que personne ne s’occupa plus des chaussées qui restèrent à l’abandon. Il faut dire que le gouvernement révolutionnaire avait, si j’ose me permettre cette familiarité, d’autres chats à fouetter…..

La Révolution passa. A la Terreur succéda la gabegie du Directoire. Puis Bonaparte arriva. Ce fut le Consulat. Il était urgent de remettre de l’ordre dans la maison…..Il nomma des nouveaux préfets. Ainsi, Beugnot fut désigné comme préfet de Seine-Maritime. Il avait alors un peu moins de 40 ans. Cet homme politique avait été député sous l’Assemblée Législative, et emprisonné sous la Terreur.

Il décida un beau jour de faire une tournée d’inspection dans son département. Le voilà donc parti dans sa calèche sur la route qui reliait Dieppe à Neuchâtel. Elle ressemblait à une mauvaise piste. L’état des routes avait des points communs avec la situation de la France... Au bout de plusieurs kilomètres, la calèche se rompit. Impossible de la remettre en état.

Le préfet continua donc à pied, avec toute la dignité que lui permettait la condition de piéton, nouvelle pour un préfet en grande tenue…..Quelques kilomètres plus loin, on n’aurait pas reconnu un haut dignitaire dans ce marcheur couvert de poussière. Arrive un gendarme à cheval qui l’apostrophe :

- “ Vous n’auriez pas vu le préfet, par hasard ? … Nous l’attendons à Neuchâtel depuis un couple d’heures…..

Le pauvre Beugnot dut avouer que le préfet, c’était lui… Le gendarme le prit en croupe et voilà notre équipage qui partit au grand trot. Mais les secousses étaient si vives que le malheureux fonctionnaire consulaire se retrouva dans le fossé.

Pendant ce temps, à Neuchâtel, les autorités attendaient. Le sous-préfet avait réuni une garde d’honneur de 150 cavaliers. Le temps passait, on s’impatientait. Que pouvait-il bien faire ?… Il ne connaissait pas son nouveau chef et se posait des questions sur sa ponctualité et sa compétence…

Soudain, on vit arriver un gendarme portant en croupe un individu débraillé. Ce devait être un prisonnier qu’il ramenait à la prison…

- Avez-vous rencontré les équipages du gouvernement ?… demanda le sous-préfet.

Montrant d’un mouvement de tête le malheureux préfet qui se cramponnait tant bien que mal derrière lui, le gendarme dit simplement :

- Le gouvernement ?… Le voilà ! Vous en croirez ce que vous voudrez, mais c’est comme ça !… ”

(à plus...)

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Published by Gerard Nedellec
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