Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 19:01

 

Emile Zola, le grand écrivain auteur de la série des Rougon-Macquart, envisagea un jour d’écrire un livre qui prendrait place dans cette série illustre. Comme il faisait les choses consciencieusement, il voulut s’imprégner de son sujet, et pour cela il vint s’installer avec sa femme à Sainte-Marine, près de Bénodet, pas très loin de Quimper, dans le sud Finistère. Cela se passait vers 1880-85.

Zola désirait écrire un roman breton dans lequel il étudierait l’âme bretonne. Vaste programme !....Il loua donc la maison rose, ou si l’on veut le château de Kerbirinil, située au bord de l’Odet, à peu de distance de la mer. Là, dans le silence et le calme paisible de ce coin de Bretagne, sa femme s’occupant des nécessités matérielles, le grand homme put se consacrer entièrement à son ouvrage.

Il avait amené avec lui ses notes et différents documents qu’il jugeait utiles. Il n’avançait aucun chiffe dont il ne fut certain. En outre, le Ministère de l’Intérieur lui expédiait par la poste des statistiques, rapport officiels et médicaux, concernant la consommation d’alcool et ses conséquences sur la criminalité et l’aliénation mentale.

A cette époque, la Bretagne avait la mauvaise réputation d’être un pays où l’on buvait beaucoup. Le cidre sans doute, mais aussi l’alcool de cidre, le lambig, déformation d’alambic, comme dans un autre genre les lanternes magiques ont donné les termagis…..

Notre écrivain se frottait les mains à la réception de ces documents, non qu’il se félicitât de l’imprégnation alcoolique des Bretons. Mais il allait pouvoir appuyer son roman sur du concret, du solide, du vrai…..Cependant, les notes impersonnelles ne lui suffisaient pas. Il lui fallait se rendre compte par lui-même, se mêler à ce peuple qu’il voulait étudier. Il prenait alors le bac (le pont n’existait pas encore….) et arrivait à Bénodet, louait une voiture chez Hamon et parcourait la région, Pont-L’abbé, Fouesnant, Concarneau. Il poussa même jusqu’au pays de Léon, de Tréguier.

Il interrogeait, observait, notait. Rentré à Sainte-Marine, il délaissa son ouvrage et se consacra à autre chose. Que s’était-il donc passé ? Pourquoi avait-il abandonné ?

Il avait compris qu’on ne connaît pas une région comme la Bretagne en trois mois ! Il faut trois fois sept ans pour la connaître ! Il aurait certes eu la possibilité d’écrire un livre ordinaire, sans originalité, sur la Bretagne. Mais Zola se refusait à écrire des platitudes, des poncifs ! La Bretagne n’est pas banale, il s’en était rendu compte. Plutôt que d’écrire des banalités, il a préféré ne rien écrire du tout. Alors il avait eu l’honnêteté et l’intelligence de réaliser qu’il n’avait plus rien à faire là. Il rentra donc à Paris. C’est pour cela qu’aucun livre sur la Bretagne ne figure dans les Rougon-Macquart !.....Doit-on le regretter….ou s’en féliciter ?......

(A plus...)

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Gerard Nedellec
commenter cet article

commentaires

Présentation

Recherche

Liens