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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 08:32

 

Oui... tout le monde sait cela... Mais pour bien vous le prouver, rien de tel qu'un conte...

 

Un riche marchand perdit un jour une sacoche dans laquelle il y avait dix mille besants d'or ainsi qu'un porte-bonheur, sous la forme d'un scarabée d'or aux yeux de rubis. Il fit crier dans les rues qu'il serait donné cent besants à celui qui lui rapporterait sa sacoche.

Elle avait été trouvée par un pauvre homme qui voulut la rendre dès qu'il apprit que le propriétaire la réclamait.

Mais sa femme était cupide. Elle s'y opposa et dit :

-C'est Dieu qui nous envoie cette fortune... Nous serions bien bêtes de la rendre !

-Dieu n'a rien à voir la dedans ! Répondit son mari. Si nous gardions cette sacoche qui ne nous appartient pas, nous serions des voleurs et je doute fort que Dieu approuve un tel comportement. L'argent volé ne profite jamais. Honnêtes nous sommes, honnêtes nous resterons ! Et puis, les cent besants promis pour la récompense suffiront largement à nos besoins. A quoi cela nous servirait d'être plus riches ?

-Mon mari, tu es un sot ! Fit la femme par dépit.

-Peut-être, mais je préfère être un sot intègre qu'un sot malhonnête!


Il alla donc trouver le marchand pour lui rendre sa sacoche et lui demanda la récompense promise. Mais le marchand n'était pas honnête, lui... Ayant retrouvé son bien, il se dit qu'il n'était plus nécessaire de donner les cent besants promis. Il ouvrit la sacoche et s'écria avec tous les accents de la colère :

-Tu n'es qu'un vil voleur ! J'avais dans cette sacoche dix mille besants et deux scarabées d'or avec des yeux de rubis ! Il m'en manque un ! Ce ne peut être que toi qui l'as pris ! Tu t'es donc récompensé toi-même, je ne te dois plus rien !


La dispute qui s'ensuivit ameuta les marchands de la ville qui ne purent que soutenir leur confrère, bourgeois comme eux. Mais le bruit de cette querelle vint aux oreilles du comte qui demanda que les deux plaignants comparussent devant lui. Afin de préserver l'équité du jugement, il désigna un juge réputé pour son intégrité.

Ce dernier fit appeler le pauvre homme et demanda :

-Jurez-vous n'avoir rien pris dans cette sacoche ?

-Je le jure, je n'ai rien pris dans la sacoche !

-Eh bien, voilà ma sentence. D'un côté, nous avons le marchand, qui est un honorable bourgeois, et je ne lui ferai pas l'injure de penser une seconde qu'il veuille réclamer ce qui ne lui appartient pas. S'il prétend que sa sacoche contenait deux scarabées d'or aux yeux de rubis, cela doit être vrai !

D'un autre côté, nous avons un homme qui jure qu'il n'a rien pris dans la sacoche qu'il a trouvée. J'en conclus donc que cette sacoche n'est pas celle que le marchand a perdue ! Je lui conseille donc de faire crier à nouveau pour qu'on la retrouve si c'est possible.

En ce qui concerne la sacoche que voici, elle n'a donc pas de propriétaire et vous revient donc, sire comte, jusqu'à ce que le vrai propriétaire se présente pour la réclamer.

Cependant, cet honnête homme a eu la probité de la rapporter, comptant sur la récompense promise. Il est donc logique et équitable qu'il reçoive cette récompense !

Mais comme cent besants sont bien peu par rapport aux dix mille besants, je propose qu'il lui soit remis cinq cents besants d'or !


Le comte approuva cette sentence, suivi par toute l'assemblée.

Le marchand put méditer sur l'inconvénient qu'il y a à mentir...

 

(Extrait de mon livre "Champagne, les histoires extraordinaires de mon grand-père") 

Allez, à plus !

 

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Published by Gerard Nedellec
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