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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 13:17

 

 

 

 

Dans les campagnes normandes autrefois, comme dans presque toutes les campagnes de France, le catéchisme passait avant l'école. Il était possible de manquer cette dernière mais surtout pas le catéchisme ! Il avait lieu le jeudi, jour de congé à cette époque, et le dimanche après la messe.

Les petits de 7 ans suivaient « le petit catéchisme ». On considérait que c'était l'âge de raison et que l'enfant pouvait assumer ses péchés... Ils apprenaient des prières par cœur : le « Notre Père », le « Je vous salue Marie », en français, et le « Credo » en latin.

A 8 ans ils étaient prêts pour le « grand catéchisme » où une instruction religieuse leur était administrée plus que donnée. Je dis cela car pour certains elle tombait comme grêle sur les blés...

Le jeudi ils devaient assister à la messe basse à 8 heures. Elle était suivie du catéchisme. La même opération se déroulait le dimanche. Il y avait les vêpres à 2 ou 3 heures l'après-midi, auxquelles les « catéchisés » devaient assister. Les paroissiens étaient presque tous là.

Avant la communion se déroulait « l'examen » que venait faire passer le prêtre d'une paroisse voisine, ce qui intimidait les enfants. Mais il ne posait pas de questions trop difficiles, tous devant être admis. A quoi servait-il alors ? devez-vous vous demander. Attendez ! Il y avait un classement et le jour de la cérémonie le premier des garçons récitait le « renouvellement des vœux du baptême » tandis que la première des filles récitait « la Consécration à la Sainte Vierge ». Leur mère avait la faveur insigne de quêter à la messe et aux vêpres, occasion inespérée pour faire admirer leur robe neuve et les bijoux de famille... De plus, la famille du premier garçon invitait le curé au repas du midi et du soir. Alors, allez savoir pourquoi, c'était toujours l'enfant d'une famille de notable de la commune et donc aussi fortunée... qui avait cet honneur. J'ajoute que les premiers se devaient d'avoir les plus beaux cierges, qu'ils laissaient ensuite au curé. Il n'y avait pas de petits profits...

Mais revenons à l'examen... Ensuite, les enfants participaient à la retraite de communion qui se déroulait pendant les trois jours précédant le dimanche de la communion. Ils manquaient donc l'école. Aucune importance !

La journée de retraite commençait par une messe basse à laquelle succédait une récréation pendant que le curé allait se restaurer (il était à jeun depuis la veille au soir). Mais interdiction aux garçons de se mêler aux petites filles... et réciproquement ! Allez savoir ce que ces gaillards auraient fait ! Pour les trajets, les unes partaient quelques minutes avant les uns... Pas de promiscuité !

Les futurs communiants répétaient les prières qu'ils devraient réciter ensemble : « Je renonce à Satan, à ses pompes et à ses œuvres... » Qui n'a pas récité cela ? Et dites-moi qui a compris cette phrase ? Les plus dégourdis affirmaient que les pompes de Satan, c'étaient ses chaussures... Ou encore ils devaient apprendre des cantiques « Je suis chrétien, voilà ma gloire »... ou « Le voici l'Agneau si doux, le vrai pain des anges... » Il fallait que tout soit bien au point pour le dimanche.

Le samedi soir la retraite se terminait par la confession. L'enfant dressait par écrit la (longue... ) liste de ses péchés, pour ne pas en oublier. De toutes façons, le curé l'aidait à débusquer les « péchés de chair »... par des questions insidieuses mais indispensables... A cette époque, les « choses sexuelles » étaient traquées comme la peste... et même plus !

Une dernière recommandation avant le grand jour : ne rien absorber après minuit ! Il fallait un estomac parfaitement vide pour recevoir l'eucharistie ! Interdiction même de se laver les dents le dimanche matin de peur d'avaler une goutte d'eau par mégarde !

Le grand jour est arrivé. L'église est décorée de fleurs blanches, le bedeau s'active à sonner les cloches. Les communiants arrivent et prennent place pour l'office qui commence habituellement à 10 heures. Les garçons portent un costume bleu marine avec un brassard blanc au bras gauche, les filles sont habillées comme des mariées. Les familles des communiants ont bien recommandé à leur parentèle d'être généreux à la quête. Les hommes, qui avaient prolongé leur station au café du coin, « l'office des hommes » comme certains ont le culot de dire, viennent pour la quête car leur absence serait remarquée et dénoncée... Et la quête... c'est quand même la partie la plus « intéressante » de l'opération...

Après la communion le bedeau passe avec le pain béni offert par les parents des premiers. Les enfants, à jeun depuis la veille au soir, se jettent sur cette manne... car il est déjà midi. Ils sortent sur la place en procession et les parents peuvent les récupérer. Il ne faut pas perdre de temps car les vêpres sont à 2 ou 3 heures et le curé n'aime pas que les enfants soient en retard.

Les chants sont plus vifs que le matin, même M. le curé a le verbe plus haut et le teint plus coloré...

La sortie, toujours en procession, signe la fin de la partie religieuse. Mais dans une ferme, communion ou pas, il y a toujours de l'ouvrage et il va bien falloir s'y atteler avant le repas du soir.

 

(A plus...)

 

 

 

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Published by Gerard Nedellec
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