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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 08:02

Voici en primeur le début du début... c'est à dire de l'avant-propos... La suite, vous la lirez plus tard... sur le livre... du moins, je l'espère...

 

 


 

C'est une banalité de dire que les études actuelles n'ont que peu de points communs avec celles d'il y a un demi siècle. Je ne parle pas seulement du contenu, qui a évolué, mais des conditions matérielles, de l'environnement scolaire, de tout ce qui concerne la vie concrète d'un élève.

L'internat par exemple s'est fait plus rare, et dans les cas où il existe encore, il n'a rien à voir avec celui pratiqué voici 50 ans. A l'époque que j'évoque dans ces pages, nous ne rentrions chez nous qu'aux petites vacances : la Toussaint, Noël, les Gras, Pâques, et bien évidemment les grandes vacances. Encore convient-il de préciser que la durée de ces vacances était nettement plus courte qu'elle ne l'est actuellement. Quatre ou cinq jours à la Toussaint ou aux Gras, une douzaine à Noël et Pâques. Les vacances des Gras et de Pâques étant tributaires de la date de Pâques, il arrivait que le deuxième trimestre scolaire soit ou très court si Pâques tombait par exemple le 26 mars, comme cela est arrivé, ou très long, dans le cas de Pâques le 22 avril... Le changement des dates des vacances, non plus « de Pâques », mais « de printemps », a rééquilibré le deuxième trimestre. Mais à l'époque, il aurait été aberrant de voir la fête de Pâques tomber en dehors des vacances...

Ce qui signifie que nous restions à l'école un mois et demi à deux mois sans rentrer à la maison. Nos pères ou grands-pères en faisaient bien plus, puisqu'ils ne rentraient qu'à Noël et Pâques, et encore... Les jeunes pensionnaires du XXIè siècle, habitués à rentrer tous les vendredis soir à la maison, doivent penser que c'était très dur... Précisons un détail important : nous n'habitions pas près de l'internat... C'est d'ailleurs son but : permettre à des jeunes dont les parents sont loin de poursuivre leurs études. Mais si je vous dis que ce « loin » signifiait 50 à 60 km, vous allez croire que j'exagère. Je vous assure que non, puisque nous étions en 1950 et qu'à cette époque peu de gens possédaient une voiture – les restrictions de la guerre n'étaient pas si lointaines – et il faudra attendre le début de la décennie suivante pour que la voiture reprenne une place de plus en plus envahissante dans les ménages. Pour aller d'Audierne à Châteaulin... par exemple... mais mon exemple n'est pas dû au hasard comme vous vous en doutez... nous mettions deux heures, dans un car qui s'arrêtait partout et ne roulait pas très vite, ceci explique sans doute cela. Eh oui : 50 km en deux heures ! Cela vous laisse pantois ! Mais... poursuivons notre propos...

Depuis quelque temps, on redécouvre les vertus de la pension. Elles n'ont jamais cessé d'exister... mais on les avait oubliées. La pension propose aux élèves des conditions de travail favorables. Des heures libres consacrées uniquement à l'étude puisqu'il n'est pas question de sortir se distraire en ville... et perdre son temps... sauf peut-être le mercredi... Les élèves sont installés dans des chambres à deux ou trois... et même seuls parfois...

De mon temps... (Ça y est ! Je me mets à parler comme un vieux !) Je veux dire... autrefois... à l'époque où j'étais moi-même interne, les conditions étaient nettement différentes. Outre le problème des vacances que j'ai soulevé, tout était... (je cherche le mot...)... différent tout simplement !

Je me propose de faire revivre devant vous la vie des pensionnaires de 1950 à 1954 dans une école tenue par des Frères de l'Instruction Chrétienne de Ploërmel, encore appelés Frères de La Mennais. Il s'agit de l'Institution Saint Louis de Gonzague de Châteaulin dans le Finistère (je le précise pour ceux qui seraient fâchés avec la géographie... car on n'apprend plus les départements...). Cette école, qui existe toujours mais a été elle aussi profondément modifiée, recueillait tous les élèves des autres écoles tenues par les Frères de la même congrégation qui, ayant passé le Brevet, voulaient poursuivre leurs études. Précision d'importance : seuls les meilleurs étaient accueillis... ce qui n'est plus le cas maintenant... mais nous en parlerons en temps voulu...

La pension était donc obligatoire, à moins d'habiter Châteaulin... Même ceux dont les parents n'habitaient pas très loin, Lothey, Dinéault, etc... devenaient internes comme les autres. Nous entrions en classe de Seconde puis de Première, à l'issue de laquelle nous passions le 1er BAC, enfin de Terminale : philosophie ou mathélème. A cette époque, il n'existait que ces deux options. La section Sciences naturelles ne fut instituée qu'un peu plus tard.

Comme je le fais habituellement, ces souvenirs sont racontés sous forme d'anecdotes. Lorsque l'idée d'écrire un tel livre m'est venue, j'ai contacté tous les anciens camarades avec lesquels j'avais passé ces quatre années, car j'ai redoublé la Terminale, comme je vous le narrerai... Je les ai réunis en 1997 pour des retrouvailles fraternelles, et nous nous sommes retrouvés comme si nous nous étions quittés la veille... ou presque. La chose me fut donc aisée car je connaissais toutes les adresses. Malheureusement, la camarde avait fait quelques coupes sombres dans la liste... Mais quelques-uns me répondirent. Je voulais obtenir d'eux des anecdotes qui m'auraient échappé, ainsi que des photos pour illustrer le livre.

Vous trouverez une autre façon de vivre et de travailler, et si nous étions enfermés pendant près de deux mois sans rentrer chez nous, je dois préciser que personne n'en a souffert... mis à part un léger cafard peut-être aux rentrées de vacances... mais qui ne durait pas (le cafard... les vacances non plus d'ailleurs...).

Nous étions bien occupés : aucun temps mort ou presque. Etude, travail, travail, étude... et les jeudis et dimanches, longues promenades dans la campagne environnante avec en « vedette américaine », le circuit de l'Aulne que nous avons parcouru des dizaines de fois... à pied je précise...

Cela nous permettait d'apprécier d'autant plus la maison lorsque nous y rentrions. Cet aspect des choses est loin d'être négligeable...

 

(c'est à suivre...bien sûr... Rendez-vous, le 8 octobre... ou après car il faut laisser au livre le temps d'arriver jusqu'aux librairies....)

 

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Published by Gerard Nedellec
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