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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 13:47

 

(suite de cette passionnante affaire... Comme j'étais à Bayeux hier, afin     d'interviewer" la Tapisserie de Bayeux pour l'Almanach du Normand    2012... vous avez dû attendre un peu... )

 

Ainsi Jeanne serait la demi soeur du roi et cette parenté expliquerait bien des étrangetés de sa vie...

On se souvient de son procès de Rouen où elle répondit à ses juges dans un français plus que correct et avec un bon sens remarquable. Comment la petite paysanne lorraine (ou champenoise...) connaisse si bien le français, alors que la langue parlée dans sa région prétendument natale, et la seule parlée dans son pays, est une sorte de dialecte proche du champenois ?

Et comment une paysanne connaît-elle l'art de la guerre, elle dont on dit qu'elle fut un brillant capitaine ? Il a bien fallu que quelqu'un lui apprenne ! On dit qu'un entraînement de 8 années est nécessaire pour devenir un « parfait cavalier ». Quelqu'un a certainement dû donner des leçons particulières à cette jeune fille dont on savait qu'elle n'était pas fille de paysans. Qui ? Un envoyé de la cour ?... Si c'est le cas, il ne peut s'agir d'une simple manante... Il a bien fallu qu'on apprenne à monter à cheval à cette « bergère » qui parcourt sans problème les 600 km séparant Vaucouleurs de Chinon...

Et peut-être ces précepteurs, en lui dévoilant ses origines nobles, lui ont-ils indiqué où était son devoir... celui de sauver la France... Et certains n'hésitent pas à ajouter que ce sont là peut-être ses voix...

Imaginez une seconde une jeune paysanne allant trouver Robert de Beaudricourt, capitaine royal à Vaucouleurs, et lui disant qu'elle veut aller trouver le roi à Chinon, à 600 km de là, en traversant des territoires infestés par les Anglais... Que lui répondrait-on ? De retourner à ses brebis... sans doute...

Eh bien non ! Beaudricourt la croit (après une petite enquête quand même auprès de Charles duc de Lorraine et de René d'An,jou... enquête concluante...n'est-ce pas étonnant ?) et la voilà partie pour Chinon avec une escorte digne d'une reine... dont Jean Collet de Vienne, l'inspecteur royal que le roi avait dépêché de Chinon avec son second l'archer écossais Richard pour vérifier la réalité des faits. Le roi aurait-il déplacé ainsi deux enquêteurs de la couronne pour un voyage aussi long (deux fois dix jours de cheval... ) s'il n'en avait pas senti la nécessité ?

Voilà Jeanne à Chinon. On connaît la suite... La voilà devenue chef de guerre. On lui donne une bannière qui ressemble à la bannière royale, et des éperons d'or, privilège des chevaliers ayant reçu l'adoubage traditionnel, et une armure payée par le trésor royal. Elle réclame et obtient l'épée de Du Guesclin que son « père » Louis d'Orléans avait achetée...

Alors, secret de polichinelle ? Elle même lèvera une partie du voile. En 1429, alors qu'elle était en compagnie de Charles VII, entre le duc Jean II d'Alençon. Il se souviendra quelques années plus tard des paroles exactes prononcées par Jeanne, paroles qui sur le moment ne l'avaient pas étonné. Elle lui aurait donné la bienvenue en disant : « Plus on sera ensemble du sang du roi de France, mieux cela sera. » (Alençon était aussi de sang royal).

Jeanne serait donc de sang royal... L'étude de ses armoiries le confirme : « d'azur à deux fleurs de lys d'or et une épée d'argent à la garde dorée, la pointe en haut, férue en une couronne d'or. » Il était fréquent à cette époque que les bâtards possédassent le droit d'avoir des armoiries aux couleurs de leur maison, mais avec une certaine différence, une brisure, qui les faisait reconnaître. Dans le cas de Jeanne, la troisième fleur de lys de la maison de France avait été remplacée par une épée.

Donc, si Jeanne est la demi soeur du roi, pourquoi l'a-t-il laissée brûler ? C'est vrai, il n'a rien fait pour la sauver... Eh bien, le procès de Rouen fut tronqué et l'évêque Cauchon était de mèche pour monter cette affaire. Le roi savait que sa « demi soeur » n'avait donc rien à craindre...

Jeanne sera déclarée hérétique puis relapse au cours de cette parodie de procès. Cauchon refusera de la traduire devant le Parlement de Paris, ce qui aurait sans doute signifié sa condamnation et sa mort certaines.

Elle fut conduite sur le bûcher de Rouen... Elle... ou une autre ? Une autre... évidemment ! Les prisons ne manquaient pas de sorcières condamnées à mort. Bref ! La condamnée « fut amenée du chastel le visage embronché au lieu-dit où le feu était prêt. » Embroncher signifie couvrir, voiler, pencher en avant avec l'idée de cacher. Un capuchon couvrait donc son visage. Dans ces conditions, qui peut affirmer qu'il s'agissait bien de Jeanne ?

Elle s'est donc échappée et on l'a retrouvée quelques années plus tard... sous le nom de la dame des Armoises...

Voilà l'affaire qui agite le microcosme franco-français... Mais vous n'êtes pas obligé de croire...

(à plus...)

 

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Published by Gerard Nedellec
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commentaires

Isabelle G. 09/04/2013 08:17

Ma fille, en classe de 5ème, a eu une leçon d'Histoire sur Jeanne d'Arc où elle apprend que c'était une paysanne. Je lui ai donc dit de s'interroger sur le fait que cette paysanne avait été capable
de porter une armure (entre 25 et 35 kg pour une armure de combat) et de faire la guerre comme un vrai chevalier. Quand on sait que la formation d'un chevalier pouvait aller de 7 à 21 ans, comment
une paysanne aurait-elle pu avoir les compétences d'un chevalier sans en avoir reçu la formation ? L'histoire de Jeanne d'Arc, telle qu'elle est racontée, dans les livres, me semble une histoire à
dormir debout, pourtant c'est celle qui est apprise à nos enfants : pourquoi ?

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