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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 09:19

Mon dernier livre est paru. C'est le 13è... Bien entendu, comme son titre le laisse supposer, il concerne principalement les Champenois.

Cependant, il peut être lu par tous... Si, je vous l'assure !

Pour vous en donner la preuve, voici une histoire extraite de ce livre. Vous verrez qu'il n'est pas besoin d'être Champenois pour l'apprécier...

Et vous pouvez également avoir un aperçu de la couverture...

 

 

couverture-Champagne-histoires-grand-pere.jpg

 

Un bon grand-père...

 

Je vais vous raconter maintenant une anecdote qui est arrivée au cardinal Marty. On m'a assuré qu'elle était vraie...

Vous savez peut-être que le cardinal Marty fut archevêque de Reims en 1960, avant d'être archevêque de Paris et cardinal.

Né en 1904 dans une famille modeste de l'Aveyron, il est ordonné prêtre en 1930. Il sera évêque de Saint-Flour, puis coadjuteur de l'archevêque de Reims, avant de lui succéder à sa mort en 1960 comme archevêque de Reims, et cela jusqu'en 1968, date à laquelle il sera désigné comme archevêque de Paris. Il sera fait cardinal en 1969 par le pape Paul VI.

De ses origines modestes, il gardera toujours une grande simplicité et une bonhomie qui le rendront populaires partout où il ira. Cette histoire se passe dans le début des années 1970. Je précise qu'il était en civil, comme celui qui l'accompagnait.

 

Par une belle journée de mai, il rentrait à Paris après une journée de travail sur l'enseignement catholique. Il était accompagné par un prêtre qui conduisait la voiture. La journée avait été harassante, ils roulaient depuis un certain temps et la fatigue n'allait pas tarder à se faire sentir, chez le cardinal bien entendu, mais aussi chez le chauffeur, plus jeune certes, mais qui n'était plus de la première jeunesse et dont les yeux commençaient à papilloter. Pour éviter de se retrouver dans le fossé... pour le moins... et peut-être pire... le cardinal proposa de s'arrêter afin de casser une petite croûte comme on dit... Il ne faisait pas encore nuit (en mai les journées sont longues...), ils aperçurent une petite auberge de campagne nichée dans la verdure et s'arrêtèrent, bien contents de se dégourdir les jambes.

Ils s''installèrent à une table tranquille dans un coin de la salle, une jeune serveuse leur proposa la carte des menus.

-Avez-vous bien faim, l'abbé, dit le cardinal.

-Comme vous, Monseigneur...

-Alors, faisons simple... mais bon.

Peu après, elle vint s'enquérir de leur choix. Le cardinal répondit :

-Vous nous servirez une omelette avec de la salade, du fromage et un fruit.

Puis s'adressant à l'abbé, il ajouta :

-Pour moi, ce sera suffisant. Mais vous qui êtes jeune, aurez-vous assez ?

-C'est parfait ! Je ne mange plus autant que lorsque je mangeais davantage...

-Toujours aussi drôle ! Fit le cardinal.

-Eh oui, c'est tout ce qui nous reste !

-Et comme boisson ? demanda la serveuse qui s'impatientait un peu car elle avait d'autres clients qui attendaient.

-Un vin rouge de pays... du Champagne par exemple... mais nature !...

-Nature ? Fit la servante qui manifestement ne connaissait que le champagne à bulles...

-Oui... du champagne nature... sans bulles... comme cela se faisait autrefois... et rouge bien entendu... Vous devez avoir cela ?...

-Je vais voir...

Elle revint au bout d'un moment :

-Un vin rouge de Bouzy... cela convient-il à ces Messieurs ? Il nous reste une bouteille... vous avez de la chance.

-Du Bouzy ?.. C'est parfait !

Les deux ecclésiastiques mangèrent de bon appétit tout en devisant gaiment. Le cardinal était d'humeur joyeuse, comme à son habitude. De plus, il fêtait ce jour-là son anniversaire car nous étions le 18 mai... Il avait... oui, il avait bien cela... et même plus... A la fin du repas, la serveuse vint leur demander :

-Ces messieurs ont bien mangé ? Voulez-vous un café ?

-Non, pas de café, fit la cardinal : j'ai peur qu'il ne m'empêche de dormir... En revanche, comme c'est aujourd'hui mon anniversaire, apportez-nous une demi-bouteille de Champagne ! Du brut ! Et cette fois-ci, à bulles !... Cela me rappellera mon escapade champenoise...

La serveuse alla chercher ce qui lui avait été demandé, puis en rapportant la bouteille, elle dit :

-Voilà le champagne. Et puisque c'est aujourd'hui votre anniversaire, grand-père, permettez-moi de vous embrasser !

Elle se pencha et déposa deux baisers sonores sur les deux joues du « grand-père » et se retira, non sans lui adresser son plus joli sourire. Mais dans la salle, un client avait reconnu le cardinal Marty. Il prévint discrètement le patron qui en informa la serveuse. Elle revint alors toute rougissante pour s'excuser de sa hardiesse.

-Je vous demande pardon, Monseigneur, je ne vous avais pas reconnu quand je vous ai embrassé !

-Que je vous pardonne ? Mais de quoi, grand Dieu ! Je n'ai rien à vous pardonner ! Vous n'avez rien fait de mal, que je sache ! Mais, dites-moi ! Cela ne vous a pas fait mal, au moins ?

-Non bien sûr... mais...

-Eh bien, à moi non plus, fit le prélat en riant. Allez, Mademoiselle, soyez donc bien tranquille, allez en paix et... merci pour le service !

 

Allez, à plus !

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Published by Gerard Nedellec
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