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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 07:37

Tout le monde connaît Lourdes. Mais... Pontmain ? Pourtant, la Vierge y est apparue comme à Lourdes (et ailleurs dans le monde), moins longtemps certes, mais d'une façon bien visible... pour ceux qui ont eu le chance de La voir.

A ce sujet, il est remarquable que ce sont majoritairement des enfants qui ont ce privilège, issus de familles bien modestes. Il y a certainement une raison.

Voici donc comment les choses se sont passées à Pontmain, dont je rappelle que cette commune se situe dans le département de la Mayenne... (texte que j'ai écrit pour l'Almanach du Maine.)

 

 

 

 

En janvier 1871, la situation de la France n’était guère brillante. Pourtant cette guerre avait été acceptée « d’un cœur léger » (Emile Ollivier) en juillet 1870. Mais plus qu’une défaite des armées françaises, c’est plutôt le haut commandement qui a offert la victoire aux Prussiens par son impéritie… (habitude typiquement française... que l'on retrouvera en 1940... Bis repetitas...)

En ce début janvier 1871, Paris est assiégé et les Prussiens victorieux sont aux portes de Laval. A Pontmain, on désespère comme partout ailleurs. 38 jeunes sont partis à la guerre, dont on est sans nouvelles. Les prières adressées à Dieu semblent sans effet. De plus, il fait froid. Le moral est en berne… L’angoisse règne partout.

Le soir du 17 janvier, Eugène Barbedette et son frère Joseph aident leur père à piler l’ajonc dans la grange. Jeanne Destais, l’ensevelisseuse, arrive afin de leur donner des nouvelles des soldats dont Auguste Friteau, le demi-frère d’Eugène et Joseph. Il peut être 6 heures du soir. Eugène ouvre la porte pour voir le temps qu’il fait. Ce qu’il voit alors le surprend et l’effraie à la fois : une belle dame à la robe constellée d’étoiles semble flotter à 5-6 mètres au-dessus de la maison Guidecoq située en face. Son visage est jeune, sa tête porte une couronne d’or marquée d’un fin liseré rouge. Elle le regarde en souriant en lui tendant les mains.

 

Vierge-de-Pontmain.JPG

 


La peur éprouvée par Eugène fait bientôt place à une certaine sérénité devant cette dame inconnue dont le regard affectueux le fascine. Il ne peut s’empêcher de la contempler en silence, paraissant totalement hors du temps. Les autres personnes qui se trouvaient dans la grange sortent afin de découvrir ce qui retient Eugène. Mais ni le père ni Jeanne Destais ne voient la dame. Seul Joseph la voit en en fait la même description que son frère.

Il est d’ailleurs remarquable que seuls des enfants ont vu la belle dame. La mère est allée chercher les sœurs Vitaline qui ramèneront deux petites pensionnaires : Françoise Richer et Jeanne-Marie Lebossé, ainsi que sœur Marie-Edouard qui préviendra l’abbé Guérin le curé de Pontmain. Bientôt toute la population est venue devant la grange et commence à prier. Mais aucun adulte ne voit la dame dont on pense qu’elle peut être la Vierge. Ils ne voient que les trois étoiles qui encadrent en triangle la tête et les bras de la dame.

En effet, la "Dame" prend différentes attitudes.

 

Pontmain-3.JPG

 

 

 

Pontmain-4.JPG

 

 

Par contre d’autres enfants ont laissé éclater leur joie en regardant le ciel, signe qu’ils voyaient quelque chose. L’assistance récite le chapelet et chante le Magnificat. Soudain une banderole blanche se déroule au pied de la Vierge et on peut lire lettre après lettre « MAIS » puis d’un seul coup « PRIEZ », suivi par deux autres mots « MES ENFANTS », puis encore « DIEU VOUS EXAUCERA EN PEU DE TEMPS ». Deux autres mots (importants ceux-là car ils sont comme la signature) « MON FILS » et enfin « SE LAISSE TOUCHER ».

Il ne fait désormais plus de doute que la belle dame est la Vierge. Les enfants restèrent trois heures à prier, sans jamais se lasser. Trois jours plus tard, les Prussiens se replient sans prendre Laval. Le 28 janvier, l’armistice est signé. Les 38 jeunes soldats de Pontmain rentrent tous sains et saufs. Il ne fait plus de doute que l’intervention de la Vierge a précipité l’issue de la guerre. Les sceptiques se font plus rares , les foules affluent dans ce petit coin de Mayenne.

Une enquête est diligentée afin de préciser les faits exacts. Les jeunes voyants sont interrogés par l’évêque de Laval Mgr Wicart. Ils sont également examinés par des médecins. Mais indépendamment de cela, le 17 janvier 1872, pour le premier anniversaire de l’apparition, huit mille pèlerins s’étaient déplacés sans attendre la décision de l’Eglise, venant parfois de loin.

La messe était célébrée à 10 heures dans la petite église paroissiale. Ensuite, les fidèles se rendaient en procession à la grange et à la petite colonne élevée en souvenir de l’apparition. On écoutait un prêche et on revenait pour le salut du St Sacrement à l’église.

Très vite, il ne fit plus de doute de la réalité de l’apparition de la Vierge et le 2 février 1872, soit un peu plus d’un an après les faits (ce qui est rapide…) l’évêque prononça sa sentence en authentifiant l’apparition. « Nous jugeons que l’Immaculée Vierge Marie, Mère de Dieu est véritablement apparue le 17 janvier 1871 à Eugène Barbedette, Joseph Barbedette, Françoise Richer et Jeanne-Marie Lebossé, dans le hameau de Pontmain ».

Il ne retient donc que quatre voyants sur les sept qui virent la Vierge. Il demande aussi la construction d’un sanctuaire. L’abbé Guérin mourut en 1872. L’évêque demanda aux Missionnaires Oblats de Marie Immaculée de prendre en charge les premiers pèlerinages qui s’organisaient, ce qui fut fait à compter du le 1er octobre 1872. Par un curieux hasard (mais est-ce bien un hasard ?) les Oblats furent également chargés de desservir la future basilique du Sacré Cœur de Montmartre.

Le 18 juin 1873 Mgr Wicart bénissait la première pierre du sanctuaire de Pontmain. Il mourut peu après mais ses successeurs continuèrent l’œuvre entreprise.

Il était prévu d’élever un gigantesque clocher avec au sommet une statue de la Vierge. Mais le terrain n’était pas assez solide. La tour s’effondra et on se contenta des deux clochers déjà construits et d’élever la voûte à 35 mètres. Celle-ci fut posée en 1883. Une statue de la Vierge fut érigée devant la basilique à l’endroit présumé de son apparition. La basilique de Pontmain fut finalement consacrée le 15 octobre 1900.

Le nombre des pèlerins ne cessa de croître au fil des années.


(J'ai pris ces photos à Pontmain, lors d'une précédente visite, dans la grange dont il est question dans le texte)

 

(A suivre...)

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Published by Gerard Nedellec
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