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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 11:02

 

 

 

Le père François est près d'ses sous. C'est comme qui dirait un avare... un grippe-sou... et de la meilleure espèce. Quand il fait venir le vétérinaire pour une de ses bêtes, il en profite pour se soigner. Cela lui fait économiser une visite chez le médecin... Il n'y a pas de petites économies...

Un jour, v'là-ti pas qu' sa jument a une espèce de bronchite. Et lui, il tire la patte plus que d'habitude. Ça doit être les rhumatismes, la chose est fréquente, mais c'est très gênant. Il boîte, mais comme il dit finement, que d'une seule jambe !...

Alors il a une idée lumineuse, une de ces idées qui valent de l'or... et pour lui, ça compte !

Il doit d'abord penser à sa jument, c'est le plus important. Il faut donc appeler le vétérinaire. Et puis, pendant qu'il sera là, il pourra aussi lui donner quelque chose pour sa jambe qui traîne. Inutile d'appeler le médecin. Le vétérinaire a appris à soigner les bêtes, comme le médecin les gens. Au fond, c'est la même chose ! Le vétérinaire les soignera bien tous les deux !

Il arrive donc avec sa boîte d'instruments ; il regarde la bête, lui tâte la croupe, prend un papier et un crayon pour noter ce qu'il lui faut. Le père François s'empresse d'ajouter :

- « Et pis al a quieuqu'chose dans l'train arrière, une manière de sciatique qu'on dirait. Y aurait-ti point eun r'mède pour ça ? Y a quasiment des jours qu'è n'peut pus avancer, la pauv' bête !

Le père François pensait : y va m'donner des comprimés pour le ch'va... J'les couperai par la métié et c'est bin l'diabl' si ça ne me soulage point ! J'gagne eun' consultation !

Voilà qui était finement raisonné ! Mais le vétérinaire n'était pas né de la dernière averse. On avait dû lui faire le coup plusieurs fois. Il avait bien vu venir le père François et ses gros sabots ! Il ne fut pas dupe de son manège. Il répondit :

-Pour votre cheval, Père François, j'ai ce qu'il faut : un peu plus d'aspirine et un peu moins d'vin blanc ! Si au bout d'une quinzaine vous ne voyez pas de mieux pour votre jument, inutile de vous mettre en frais : ne m'appelez pas. Achetez-lui don eun' canne !

 

(Cette histoire est extraite de mon livre "Maine, les histoires extraordinaires de mon grand-père"... )

 

Allez, à plus...

 

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Published by Gerard Nedellec
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