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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 16:54

Vous avez peut-être entendu parler de l'affaire du collier de la reine qui défraya la chronique et contribua à discréditer la reine. Mais savez-vous comment cette affaire a commencé ? Non évidemment... Il faut que je fasse tout ici... Alors, voici comment...

Nous sommes dans les environs de Bar-sur-Aube en 1760. Une gamine de 4 ans mendie auprès des passants, chose banales à cette époque. Cependant, ce qu'elle dit a de quoi surprendre : « Pitié pour une orpheline du sang des Valois... » Tiens donc ! ...

La plupart des passants n'y prêtent pas attention, sauf la marquise de Boulainvilliers qui passait par là. Sa curiosité excitée, elle fit faire une discrète enquête qui indiqua que c'était vrai.

Née à Fontette, dans l'actuel département de l'Aube, Jeanne était le fille de Jacques de Saint-Rémy, baron de Luz et de Valois, qui descendait en ligne directe d'un enfant naturel légitimé du roi de France Henri II. Il allait bientôt mourir dans la déchéance et la misère.

La marquise eut pitié de l'enfant et décida de s'en occuper, obtenant pour elle une pension sur la caisse du roi Louis XV. Ce faisant, elle ne se doutait pas qu'elle ouvrait la porte au scandale le plus rocambolesque que la monarchie ait connu... Mais si on savait tout avant... on éviterait les événements... croquignolets... l'Histoire serait d'un ennui... mais alors d'un ennui... Je continue.

Placée à Passy mais assez instable, la jeune Jeanne ne sut pas profiter de sa chance et occupa plusieurs emplois peu valorisants. La marquise la reprit près d'elle afin de parfaire son instruction à l'abbaye de Longchamp. A l'âge de 23 ans, Jeanne repart à Bar-sur-Aube où elle fait la connaissance d'un jeune officier de gendarmerie. Il fit tant et si bien qu'elle fut rapidement obligée d'épouser Nicolas de La Motte, ce qui se fit en 1780. J'espère que vous avez deviné comment il s'y est pris... Pour asseoir plus convenablement leur situation, les époux décident de prendre les titres de courtoisie de comte et comtesse de La Motte-Valois, ce qui fait nettement plus sérieux... et plus valorisant... Un comte et une comtesse... ça en impose !

Apprenant que la marquise de Boulainvilliers est de passage à Saverne pour rendre visite au cardinal de Rohan, elle décide de venir la saluer et être présentée au cardinal. Cela peut toujours servir...

Ce richissime et puissant personnage a été écarté de la Cour, car son ambassade à Vienne n'a pas été un succès. Il se morfond donc dans son exil et ne rêve que de pouvoir revenir à Versailles. Mais la chose promet d'être difficile car l'impératrice d'Autriche Marie-Thérèse éprouve pour lui une profonde antipathie, qu'elle a transmise à sa fille Marie-Antoinette, présentement épouse de Louis XVI et donc reine de France.

Jusque là, vous suivez ?... Bien, je continue.

Le prélat frivole et mondain, plus prince que cardinal, ne pense qu'à une chose : se réconcilier avec la reine. La comtesse de La Motte-Valois sait dire les mots qu'il faut pour lui donner quelque espérance... et son mari est bientôt nommé à Paris capitaine des dragons de Monsieur, frère du roi...

Voilà donc notre couple à Paris. Il se montre, se livre à des affaires plus ou moins malhonnêtes, fait illusion. Mais la comtesse sait que cela ne va pas durer éternellement. Il faut trouver l'affaire qui les enrichira. Alors une idée germe dans son esprit : réconcilier le cardinal et la reine... enfin... le lui faire croire. Une telle idée ne viendrait pas aux honnêtes gens car ils sauraient que l'entreprise serait obligatoirement vouée à l'échec. Mais les escrocs de haut vol ont cette part d'inconscience qui leur fait défier l'impossible. Ici, il ne s'agit pas de réconcilier réellement les deux protagonistes... la comtesse sait que la chose est irréalisable... mais de le faire croire au prélat et d'en profiter ensuite. Comment, elle ne le sait pas encore. Mais elle trouvera...

Nous sommes alors dans les années 1784-1785. Elle propose donc au cardinal de le réconcilier avec la reine. Le cardinal est un homme retors mais surtout naïf... Il croit donc que la comtesse pourra s'introduire dans l'entourage de la reine et qu'elle réussira là où d'autres et non des moindres ont échoué... et pour cause...

A cette époque la reine est fort mal vue. Elle mène une vie de plaisirs et d'insouciance. Elle joue et mise gros, sans regarder qui s'assoit à sa table. Pour la comtesse, il est donc facile de l'approcher. Pour le cardinal, c'est déjà une victoire... pour la comtesse, c'est le début d'une énorme escroquerie.

Ce sera ce qu'on a appelé l'affaire du collier de la reine, dans laquelle la reine, qui n'y était pour rien, sera éclaboussée. Pourquoi ? Parce que cela n'étonnera personne : on ne s'attendait pas à autre chose de sa part, on pensait qu'elle était fort capable de faire ce qu'on lui reprochait. Le peuple qui exécrait celle qu'il appelait « l'Autrichienne » ne demandait qu'à croire les turpitudes annoncées, et le cardinal, coupable d'une grande naïveté, fut acquitté. Condamnée à être flétrie au fer rouge, la pseudo comtesse sera emprisonnée et réussira à s'enfuir à Londres. Elle mourra en 1791, à une époque où la monarchie vivait ses derniers moments...

Cela vous a intéressé ? Eh bien tant mieux !

Allez, à plus !

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Published by Gerard Nedellec
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